Pas de répit sur le front des mobilisations

Publié le 16/10/2010
A la veille de nouvelles manifestations, toutes les raffineries françaises étaient hier à l'arrêt, tandis que les forces de l'ordre débloquaient des dépôts de carburants et que les syndicats de routiers appelaient à durcir le mouvement.
Pas de répit sur le front des mobilisations
Pas de répit sur le front des mobilisations
A la veille de nouvelles manifestations, toutes les raffineries françaises étaient hier à l'arrêt, tandis que les forces de l'ordre débloquaient des dépôts de carburants et que les syndicats de routiers appelaient à durcir le mouvement.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 16 Octobre 2010 / IG /

 

 

Les forces de l'ordre sont intervenues hier pour débloquer le dépôt de carburants de Fos-sur-Mer. Mais d'autres sites ont par la suite été ciblés par les manifestants. Photo REUTERS

La tension autour de la réforme des retraites est restée très vive hier, avec la paralysie d'un oléoduc alimentant les aéroports parisiens, le déblocage de dépôts d'hydrocarbures ordonné par l'Elysée et de nouveaux heurts entre lycéens et policiers, avant deux nouvelles journées de mobilisation aujourd'hui et mardi.

 

L'oléoduc approvisionnant en carburants les aéroports d'Orly et de Roissy, notamment, ne fonctionnait plus hier matin, n'étant plus approvisionné par la raffinerie Total de Grandpuits, en grève depuis plusieurs jours. Selon La Tribune, Roissy ne disposerait plus, depuis hier soir, que de « 48 heures de stocks de kérozène » et la direction de l'aviation civile a recommandé aux avions venant de l'étranger de prendre assez de carburant pour le retour.

D'autre part, les autorités ont fait intervenir les forces de l'ordre pour libérer les accès de trois dépôts au petit matin, ceux de Fos-sur-Mer, Bassens et Cournon d'Auvergne, afin de prévenir le risque de pénurie de carburants. Trois autres sites, bloqués depuis l'aube en Ille-et-Vilaine, près de Toulouse et à Ouistreham, près de Caen, ont été débloqués, également dans le calme.

Routiers mobilisés

« On ne peut pas se permettre une pénurie d'essence, il faut penser à toutes celles et tous ceux d'entre nous qui ont besoin de se déplacer », a justifié le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau. La décision de déblocage a été prise jeudi soir lors d'une réunion autour du président Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé que ce déblocage n'était pas la « méthode qui permettra de sortir de l'impasse sur la réforme des retraites ». Il a accusé le gouvernement de « tendre le climat dans le pays ». De nouveaux dépôts ont été aussitôt bloqués par des manifestants, au Mans, à Caen, La Rochelle et Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours. Hier, dix des 12 raffineries de France métropolitaine étaient à l'arrêt ou en cours d'arrêt.

Les syndicats de chauffeurs routiers ont appelé, de leur côté, à amplifier la mobilisation. « Il faut impérativement durcir le mouvement », plaidait Maxime Dumont, le secrétaire général de l'union fédérale Route CFDT, premier syndicat du secteur. « On va gêner partout où on peut gêner », promettait sur la même radio Patrick Van Craeynest, de la CGT. A la SNCF, la direction rapportait que 15,5 % de son personnel était en grève hier, un taux en baisse par rapport aux 20,3 % de participation annoncés jeudi et aux 24,6 % de mercredi. Cependant, la circulation des trains demeurait perturbée. Un tiers des TGV au départ et à destination de Paris ont dû être annulés pour la journée. Le trafic des trains de banlieue était encore plus touché, avec seulement la moitié des rames qui roulaient aux heures de pointe.

Alors qu'une journée nationale de manifestations est prévue aujourd'hui, cette mobilisation multiforme pourrait, en l'absence de réponses de l'exécutif, se maintenir au moins jusqu'à mardi, nouvelle journée de grèves et de manifestations fixée par l'intersyndicale. Le Sénat doit voter le projet de loi mercredi.