Patrons « voraces » : le débat est lancé

Publié le 26/07/2011
Le gouvernement avance la possibilité d'une surtaxe des entreprises dont les patrons recevraient des salaires « exorbitants ».
Patrons « voraces » : le débat est lancé
Patrons « voraces » : le débat est lancé
Le gouvernement avance la possibilité d'une surtaxe des entreprises dont les patrons recevraient des salaires « exorbitants ».

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 23 Juillet 2011 / IG /

 

L'UMP Gilles Carrez relève que Carlos Ghosn (photo), « payé par des filiales à l'étranger », ne sera pas concerné. Photo AFP

« Vous ne pouvez pas dire aux salariés 'Vos rémunérations vont augmenter de 2 ou 2,5 % cette année et pour les très gros dirigeants, dans la même entreprise, ce sera 20 ou 25 %' », répète à souhait le ministre du Travail Xavier Bertrand. Il prépare le terrain à l'idée gouvernementale de partir à la rentrée, quelques mois avant la présidentielle, à l'assaut des patrons « voraces » aux salaires « exorbitants ».

Dans un contexte de modération salariale, les émoluments des grands dirigeants continuent de flamber : en 2010, les patrons du CAC 40 ont gagné en moyenne 152 fois le Smic, soit 2,46MEUR (hors stock-options), en hausse de l'ordre de 24 %.

Le ministre, avec le soutien du président Nicolas Sarkozy qui avait jugé « choquants » ces salaires excessifs, s'est engagé à inscrire, dans le projet de budget 2012, discuté cet automne, une disposition pour limiter les excès. Il s'agit d'assujettir ces hauts salaires à l'impôt payé par la société : « L'entreprise ne pourra plus déduire cette rémunération extravagante de l'impôt sur les sociétés », a prévenu Bertrand.

Plafond à fixer

A partir de quel montant le salaire est-il jugé exorbitant ? Des « millions d'euros par an » sont cités, mais le seuil exact devrait être fixé en concertation avec les parlementaires. Une première réunion a eu lieu la semaine dernière et sera suivie d'autres en septembre.

Mais des critiques fusent déjà : le rapporteur général du Budget à l'Assemblée Gilles Carrez (UMP) estime que ce dispositif « a beaucoup d'inconvénients », est « inopérant » et « passe à côté de la cible ».

La mesure, explique-t-il, ne concerne « que les salaires » laissant de côté les « gros revenus » que les grands patrons tirent de leur patrimoine. Par ailleurs, « les grands groupes y échapperaient plus facilement » via leurs filiales.

Pour le député PS Michel Sapin, proche de François Hollande, la proposition du gouvernement « n'est pas dissuasive », c'est « un petit pourcentage ». Selon le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, la « taxation des revenus » est la « seule solution efficace, rapide ».