Pénibilité : ce sera du cas par cas

Publié le 17/06/2010
Les salariés en situation « d'usure professionnelle » et ayant une incapacité physique « constatée » supérieure ou égale à 20 % verront leur droit à la retraite à 60 ans maintenu.
Pénibilité : ce sera du cas par cas
Pénibilité : ce sera du cas par cas
Les salariés en situation « d'usure professionnelle » et ayant une incapacité physique « constatée » supérieure ou égale à 20 % verront leur droit à la retraite à 60 ans maintenu.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 17 Juin 2010 / IG /
 

 

 

Le gouvernement évalue à 10 000 personnes par anle nombre de bénéficiaires de sa nouvelle « retraite pour pénibilité », soit moins que les besoins estimés rienque pour le BTP. Photo Julio PELAEZ

La prise en compte de la pénibilité du travail pour un départ anticipé en retraite, à 60 ans et à taux plein, suivra une logique individualisée et médicalisée. « Nous ouvrons un droit nouveau. Aucun pays au monde ne l'a fait », a fait valoir hier le ministre du Travail Eric Woerth, qui prévoit de maintenir l'âge légal à 60 ans pour les salariés du secteur privé avec une incapacité d'au moins 20 % ayant donné droit à une rente pour maladie professionnelle ou accident du travail. Ces salariés, qui devront « souffrir d'un affaiblissement physique avéré au moment de la retraite », bénéficieront d'une retraite à taux plein même s'ils n'ont pas suffisamment cotisé. Le ministre a rappelé qu'« aujourd'hui, il n'y a pas de possibilité [...] de prendre votre retraite sauf si vous avez 50 % d'incapacité, et encore il faut que vous passiez devant une commission spécifique ». Le taux d'incapacité de 20 % devra être « constaté par un médecin ». Cette approche individuelle est rejetée par les syndicats, qui réclament un départ anticipé automatique pour certains métiers ou facteurs de pénibilité. Ils soulignent aussi que peuvent survenir des maladies à effets différés. « On est loin du droit au départ anticipé avant 60 ans pour une retraite en bonne santé », a réagi hier la CGT. Pour la CFDT, les mesures gouvernementales, qui comprennent aussi la poursuite du dispositif « carrières longues » pour ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans, constituent « une usine à gaz vide » qui crée de nouvelles injustices. Le Parti socialiste a jugé le dispositif « absolument choquant », les associations Fnath et Andeva « injuste, inéquitable et de mauvaise foi ». « Bien sûr on pourrait faire toujours plus, et on pourrait dire que tous les métiers sont fatigants [...] et que lorsqu'on est éveillé c'est plus fatigant que quand on dort, mais à un moment donné il faut arrêter avec ce type de remarques anormales », a ironisé le ministre.