Philippe Varin, Président du directoire de PSA, invoque le coût du travail

Publié le 16/07/2012
Après l'annonce de 8 000 suppressions de postes, PSA s'est employé hier à défendre sa stratégie face à une opinion effarée par l'ampleur de la saignée.
Philippe Varin, Président du directoire de PSA, invoque le coût du travail
Philippe Varin, Président du directoire de PSA, invoque le coût du travail
Après l'annonce de 8 000 suppressions de postes, PSA s'est employé hier à défendre sa stratégie face à une opinion effarée par l'ampleur de la saignée.

Le Républicain Lorrain, Samedi le 14 Juillet 2012 / IG /
 

 
 
La radicalité des mesures décidées par PSA a fait les titres de la presse. La fermeture tant redoutée de l'usine d'Aulnay en Seine-Saint-Denis (3 000 salariés) est prévue courant 2014. Rennes va perdre encore 1 400 salariés. Hors production, ce sont 3 600 postes qui vont être supprimés. La CGPME a estimé qu'en Seine-Saint-Denis, plus de 7 000 emplois indirects seraient menacés par l'arrêt d'Aulnay.

PSA tente désormais d'expliquer ses décisions basées sur des prévisions d'une baisse durable du marché européen, où le constructeur vend près de 60 % de ses véhicules. Philippe Varin, le président du directoire, a mis en avant des pertes de 200 millions par mois actuellement. Les résultats semestriels de PSA seront connus le 25 juillet.

Le président François Hollande a dit hier sa volonté d'avoir un plan pour l'industrie automobile présenté en juillet. Mais les moyens d'action du gouvernement restent à définir.

6 500 volontaires

Philippe Varin, qui sera reçu mercredi par Montebourg, a, attaqué hier le coût du travail, réclamant une baisse « massive ». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rétorqué que « ce serait un peu facile » qu'il « se défausse en disant : 'traitez le problème du coût du travail et tout sera résolu', non ! ».

La CFDT-Métallurgie a dénoncé l'« argument simpliste » du coût du travail et une « stratégie industrielle hésitante » entre « le low cost, comme Renault, ou à l'allemande, de montée en gamme ? ».

Localement, les salariés ont découvert les détails du plan lors des comités d'établissement. Varin s'est engagé à ce qu'il n'y ait pas de licenciements. Mais, selon un document de la direction, « une phase de licenciement collectif » sera ouverte « si à l'issue de la phase de volontariat, il n'a pas pu être procédé au reclassement de la totalité des salariés » à Aulnay et Rennes. Sur les 8 000 postes à supprimer, PSA espère trouver 6 500 volontaires au départ.

Interrogée sur le calendrier, la direction de PSA a reconnu « avoir pris la décision de fermer Aulnay au 1er semestre 2012 », sans la rendre publique, « pour ne pas en faire un enjeu électoral ».