Plébiscite

Publié le 12/06/2010
Sept ans après une crise interne qui avait provoqué le départ de plusieurs dizaines de milliers d'adhérents, la CFDT a retrouvé son unité et sa combativité sur le dossier qui avait été à l'origine de la rupture : celui des retraites.
Plébiscite
Plébiscite
Sept ans après une crise interne qui avait provoqué le départ de plusieurs dizaines de milliers d'adhérents, la CFDT a retrouvé son unité et sa combativité sur le dossier qui avait été à l'origine de la rupture : celui des retraites.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 12 Juin 2010 / IG

Elle a aussi réélu à la quasi-unanimité François Chérèque à sa tête, celui-là même qui, à cause du soutien qu'il avait apporté à la réforme Fillon de 2003, était tenu pour responsable de l'exode. Il est vrai que le secrétaire général de la CFDT avait retenu la leçon et qu'il n'est plus question pour lui de cautionner un projet gouvernemental qui ne remplisse pas toutes les conditions fixées par la confédération. Laquelle s'est entre-temps rapprochée de la CGT, elle-même acquise (avec prudence) au réformisme, comme en témoigne l'accueil chaleureux réservé à Bernard Thibault lors du congrès.

En acceptant de cotiser plus longtemps, les militants CFDT ont montré au gouvernement qu'ils étaient prêts à consentir à un élément essentiel de la réforme des retraites. En revanche, ils sont restés intransigeants sur deux points : le maintien de l'âge légal de la retraite à 60 ans et la prise en compte des carrières longues et de la pénibilité du travail. La CFDT a ainsi posé les bornes au-delà desquelles la guerre serait déclarée. Il n'est pas sûr pour autant que le gouvernement modifie ses projets. Pour la CFDT, comme pour les autres organisations, l'enjeu est de taille puisqu'il s'agit de freiner une désyndicalisation fondée sur l'incapacité des syndicats à obtenir gain de cause face au pouvoir, quel qu'il soit. Ceux-ci sont aujourd'hui soumis à une obligation de résultats dans un pays déjà sous-syndicalisé.

La réforme des retraites leur offre une occasion de sonner la mobilisation. Et de se faire entendre du politique. A moins qu'il ne soit déjà trop tard.

Pierre FRÉHEL.