Pôle Emploi « ne pourra pas répondre »

Publié le 26/01/2012
Pôle Emploi pourra-t-il, avec les 1 000 CDD supplémentaires qu'il est prévu de recruter, faire face à un afflux massif de chômeurs dans les mois à venir ?
Pôle Emploi « ne pourra pas répondre »
Pôle Emploi « ne pourra pas répondre »
Pôle Emploi pourra-t-il, avec les 1 000 CDD supplémentaires qu'il est prévu de recruter, faire face à un afflux massif de chômeurs dans les mois à venir ?

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 26 Janvier 2012 / IG /

 

 

A Pôle Emploi, les renforts en CDD ne « peuvent accompagner les chômeurs de longue durée », selon le président de l'Unedic. Photo AFP

 

Gaby BONNAND (CFDT), président de l'Unedic : « Avec la récession qui s'annonce et nos prévisions très pessimistes sur 2012, Pôle Emploi ne sera pas en capacité de répondre. Beaucoup d'agences sont en tension et les 1 000 postes risquent d'être assez insuffisants. En même temps, la solution ne passe pas uniquement par l'augmentation des moyens, il faut travailler sur le qualitatif : l'accompagnement des chômeurs avec de vrais diagnostics par les vrais professionnels de Pôle Emploi. Les renforts de CDD ne peuvent être mis à l'accompagnement des chômeurs de longue durée ; il faut un suivi, sinon ce ne sera que du contrôle de recherche d'emploi. »

Comment Pôle Emploi peut-il être plus performant ?

« On ne peut pas traiter l'afflux de chômeurs avec des moyennes. Il faut plus de souplesse, que ce soit dans la relation entre Pôle Emploi et les chômeurs ou dans le management de Pôle Emploi, qu'il faut décentraliser. Comme le prévoit la nouvelle convention 2012-2014 signée fin 2011, il faut se recentrer sur l'accompagnement et la qualification des chômeurs qui en ont le plus besoin. Pour cela, il ne faut pas déqualifier les agents de Pôle Emploi en voulant leur faire tout faire : l'indemnisation et l'accompagnement ».

La formation professionnelle a-t-elle besoin d'une réforme « radicale » comme le souhaite Nicolas Sarkozy ?

« La formation professionnelle et continue atteint rarement la cible des moins qualifiés. Il faut effectivement simplifier et repositionner nos dispositifs de façon à ce que la formation continue permette aux gens de se qualifier et leur donner les atouts pour être mobiles. Le problème est que les entreprises ne forment pas assez. Quand des gens sont licenciés après 20 ans de carrière sans avoir jamais eu une heure de formation, ils sont déjà fragilisés, on ne les a pas sécurisés. »