POLITIQUE - La pression s'accentue sur Woerth avant les retraites

Publié le 04/09/2010
Après le Premier ministre François Fillon la veille, c'est le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy qui a de nouveau apporté hier son soutien à Eric Woerth, que les syndicats estiment pas assez disponible pour la réforme des retraites.
POLITIQUE - La pression s'accentue sur Woerth avant les retraites
POLITIQUE - La pression s'accentue sur Woerth avant les retraites
Après le Premier ministre François Fillon la veille, c'est le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy qui a de nouveau apporté hier son soutien à Eric Woerth, que les syndicats estiment pas assez disponible pour la réforme des retraites.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 04 Septembre 2010 / IG /

 
Les oreilles commencent à siffler pour le ministre du Travail Eric Woerth. Photo AFP

Nicolas Sarkozy a réaffirmé hier son soutien, laconique, à son ministre du Travail Eric Woerth, pris dans la tourmente de l'affaire Bettencourt, à quatre jours de l'entrée en examen de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale. Un soutien qui survient alors que la CFDT et la CGT doutent de sa capacité à être un interlocuteur dans ce dossier.

En réponse à une question des journalistes sur son soutien à Eric Woerth, le chef de l'Etat s'est contenté de répondre « oui » d'un ton ferme, sans en dire plus, à l'occasion d'un déplacement à Montbard (Côte d'Or) sur le thème de l'industrie.

Jeudi soir, le ministre du Travail avait reçu un soutien plus explicite de François Fillon, qui lui a « redit toute sa confiance » dans cette « campagne de dénigrement inacceptable ». Il a affirmé que « Eric Woerth mènera à son terme au Parlement cette réforme des retraites qu'il a entreprise ». « Une réforme aussi importante pour notre système de protection sociale doit donner lieu à des débats de fond que personne ne peut esquiver », a noté le Premier ministre dans un communiqué.

« Intenable »

A quelques jours de l'examen de la réforme des retraites, le ministre du Travail est de plus en plus sous pression dans l'affaire Bettencourt. Jeudi, il n'a pas nié l'existence d'un courrier signé de sa main pour intercéder en faveur de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune des Bettencourt, afin de lui voir attribuer la Légion d'honneur. « J'ai fait comme de multiples députés, c'est d'une grande banalité tout cela », a déclaré Woerth, affirmant n'avoir « jamais dit qu'elle n'a pas existé ».

Le ministre du Travail n'arrive pas à s'extirper de l'affaire qui le poursuit désormais depuis la mi-juin, après la publication des retranscriptions d'enregistrements réalisés chez la milliardaire Liliane Bettencourt par l'un de ses anciens maîtres d'hôtel. Depuis, il fait l'objet de présomption de financement politique occulte, trafic d'influences et de conflit d'intérêts. Après avoir conservé le silence sur cette affaire pendant tout l'été, les responsables syndicaux sont sortis de leur silence. « Comment peut-il gérer en même temps ses problèmes personnels avec l'affaire Bettencourt et la réforme des retraites ? Cette situation fait qu'on n'aborde plus du tout le fond du dossier. C'est un vrai problème », estime François Chérèque (CFDT).

Dans l'opposition, le député socialiste de Corrèze François Hollande a estimé que « la position » du ministre du Travail était « intenable au plan moral, au plan politique et au plan humain ». Comme Fillon et Sarkozy n'ont pas eux-mêmes mis « fin à ce long feuilleton, il devrait lui-même se mettre en retrait, pour préparer sa défense et le cas échéant revenir », a-t-il estimé.