Prime aux dividendes : Baroin déterminé

Publié le 15/04/2011
Malgré l'hostilité du patronat et des syndicats, le gouvernement veut contraindre les entreprises à verser une prime en cas de dividendes.
Prime aux dividendes : Baroin déterminé
Prime aux dividendes : Baroin déterminé
Malgré l'hostilité du patronat et des syndicats, le gouvernement veut contraindre les entreprises à verser une prime en cas de dividendes.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 15 Avril 2011 / IG /

 

« C'est la volonté du gouvernement de mieux répartir les résultats des bénéfices des entreprises qui sont importants cette année », a assuré hier le ministre du Budget François Baroin. Mercredi, développant une idée avancée par le président Nicolas Sarkozy, il avait évoqué une prime d'au moins 1 000 EUR que devraient verser à leurs salariés les entreprises distribuant des dividendes.

Les grandes organisations patronales françaises, le Medef et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), ont affiché dès hier leur hostilité à ce projet, en refusant que l'Etat se mêle d'un sujet qui relève, selon eux, des partenaires sociaux. Côté syndical, la CFTC et la CFDT ont déploré que la proposition gouvernementale laisse de côté un grand nombre de salariés, la CGT et Force ouvrière réclamant, à la place, une « augmentation des salaires ».

Malgré ces réticences, Baroin a souligné qu'il était désormais « acté » qu'une loi de finances rectificative en juin comprendrait des mesures pour que « les salariés profitent pleinement et mieux de l'augmentation » des bénéfices des entreprises. « La priorité du gouvernement », a rappelé le ministre, « c'est améliorer le pouvoir d'achat des Français ».

A négocier

Des « propos incompréhensibles », dénonce quant à elle la présidente du Medef, Laurence Parisot. Elle prévient que ce projet serait « très dangereux pour l'emplo », notamment dans les petites entreprises. Les entreprises du Cac 40 engrangent environ 80 milliards d'euros de profits annuels et versent 40 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires. « Le montant de la masse salariale » payée par les entreprises est de « 220 milliards d'euros, on est dans quelque chose qui vraiment ne se compare pas », a argué Parisot.

Baroin a tenté de rassurer. « On n'est pas dans une économie administrée, c'est un gouvernement d'inspiration libérale », a-t-il rappelé, promettant que l'Etat ne voulait rien imposer mais souhaitait juste « favoriser la négociation ».