Prime obligatoire : réactions dans la classe politique et chez les syndicats

Publié le 23/04/2011
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a qualifié d'« erreur » le principe d'une prime obligatoire dans les grandes entreprises
Prime obligatoire : réactions dans la classe politique et chez les syndicats
Prime obligatoire : réactions dans la classe politique et chez les syndicats
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a qualifié d'« erreur » le principe d'une prime obligatoire dans les grandes entreprises

© L'Est Républicain, Vendredi le 22 Avril 2011 / Ouverture France-Monde

 

 

Le PS a estimé que la prime obligatoire constituait « une vaste supercherie » qui ne concernerait qu'une « poignée » de salariés, et a dénoncé une « manoeuvre électoraliste ». « Alors que des millions de Français souffrent quotidiennement de la baisse de leur pouvoir d'achat et subissent les hausses vertigineuses des prix de l'énergie et des produits alimentaires, la plupart ne verra jamais la couleur de cette prime ».

- Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a qualifié de « coup médiatique » et de « mauvaise réponse » la prime estimant que ce type de mesures ne réglait pas le problème durable de pouvoir d'achat et allait « accroître les inégalités de revenus ». Il est aussi « un cadeau aux entreprises en mettant en place des rémunérations exonérées de cotisations sociales ».

La prime va « pénaliser doublement les salariés : d'abord sur les salaires puis sur la protection sociale », a estimé le PCF, estimant en outre qu'il s'agissait d'une « imposture sociale ». « Cette prime va surtout faire la fortune des avocats fiscalistes, le patronat étant passé maître dans l'art de dissimuler ses bénéfices ! La nuit du Fouquet's a assez duré ! », écrit le PCF.

-Le Front national a affirmé que « la baudruche se dégonfle » à propos de la prime soulignant que « les dirigeants de l'UMP » avaient tout d'abord évoqué « la mise en place d'une prime de 1.000 EUR».

-Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a salué « le volontarisme » de Nicolas Sarkozy à propos du dispositif de prime. « Les salariés ont été les premiers à subir les dommages de la crise, il est donc légitime qu'ils bénéficient pleinement de la reprise ».

-Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a justifié l'obligation qui sera faite aux entreprises de reverser une partie des profits aux salariés. « Nous, on prend nos responsabilités ». « Il n'y a aucune précipitation. Cela fait deux ans qu'on a mis ce sujet sur la table, deux ans qu'à la demande du président de la République, un rapport a été publié sur le partage de la valeur », le rapport Cotis.

-Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a vivement critiqué le dispositif de prime obligatoire qu'il a comparé à des « usines à gaz » et aux « maisons à 15EUR» par jour de Jean-Louis Borloo dont on « a beaucoup parlé, mais in fine, y a pas eu beaucoup de monde qui (les) a eues ». « Ce n'est pas une bonne nouvelle. On a l'impression que tout le monde va avoir » cette prime. « Or, c'est loin d'être le cas. Il y a un petit côté techno-virtuel dans cette annonce », a déclaré M. Mailly.

-François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a qualifié d'« erreur » le principe d'une prime obligatoire dans les grandes entreprises, affirmant que cela allait « diviser les salariés », limiter les hausses de salaire, tout en étant un « cadeau » au patronat. En annonçant cette prime, le gouvernement a créé « beaucoup d'espoir », mais « il y aura beaucoup de déçus », a affirmé le numéro un de la CFDT sur LCI.

-La CFE-CGC a estimé que la prime liée aux dividendes que le gouvernement veut rendre obligatoire relève du « colmatage » et que « rien ne remplace les mesures salariales pérennes ».

-La prime est une « mesure néfaste », a estimé le Medef, en dénonçant les effets contre-productifs d'une « ingérence de l'Etat dans le paritarisme ». « Elle néglige les deux grands mécanismes d'association à la performance des entreprises, l'intéressement et la participation, et modifie les règles du jeu pour l'année 2011 alors que les NAO (négociation annuelle obligatoire) viennent de s'achever et que les budgets ont été arrêtés », a-t-il ajouté. Une telle décision « méconnaît les besoins en capitaux des PME et des ETI (entreprises de taille intermédiaires) et pourrait fragiliser le capitalisme familial et patrimonial », s'est encore inquiété le Medef.