Priorité absolue

Publié le 06/01/2012
Si Nicolas Sarkozy est bien convaincu d'une chose, c'est qu'une réélection est mal engagée lorsque le pays doit supporter un taux de chômage de 9,7 % de la population active.
Priorité absolue
Priorité absolue
Si Nicolas Sarkozy est bien convaincu d'une chose, c'est qu'une réélection est mal engagée lorsque le pays doit supporter un taux de chômage de 9,7 % de la population active.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 06 Janvier 2012 / IG /

 

 

 

S'ajoutant à cela, les effets de la crise - fiscalité en hausse, optimisme en baisse - ne conduisent certainement pas l'électeur à un réflexe autre que de vouloir sortir le sortant. Et pourtant, le locataire de l'Elysée s'accroche. Il affiche un volontarisme à toute épreuve, convaincu que cette opiniâtreté finira par emporter la décision.

Ainsi la liste des plans sociaux, des entreprises flageolantes, des points chauds susceptibles de dégénérer est-elle surveillée avec la plus grande attention, le gouvernement ayant pour chacun d'eux un bout de solution dans le tiroir. Ou du moins une annonce permettant de brouiller le jeu, comme à SeaFrance où l'Elysée, quelque part entre Marx et Proudhon, en est à favoriser l'appropriation par les salariés du moyen de production ! Si l'avenir de l'entreprise est mal engagé, tactiquement le coup est plutôt bien joué car la CFDT en est aujourd'hui à désavouer le syndicat local pour avoir repoussé toute autre offre susceptible de sauvegarder l'emploi. En cas de disparition de la compagnie, le gouvernement aura au moins dégagé sa responsabilité.

Tout aussi significatif de la priorité absolue accordée à l'emploi à quatre mois de l'élection présidentielle, le cas Petroplus est aujourd'hui l'objet de toutes les attentions. Le pèlerinage des candidats à la raffinerie de Petit-Couronne fait désormais partie des « must » de la campagne. Et là encore, le gouvernement est à la manoeuvre, soucieux d'éviter le collapsus d'une entreprise représentative d'un secteur stratégique.

Mais c'est avec le dossier de la TVA sociale que Nicolas Sarkozy entend faire preuve de sa détermination sans faille. Mal vue dans l'opinion et de nature à braquer les syndicats à l'approche de la grand-messe du 18 janvier, la mesure prend des allures de roulette russe à l'orée de la présidentielle. Malgré les doutes et en dépit de la cacophonie gouvernementale de mercredi, l'exécutif a décidé de jeter du bois dans la chaudière. Avec l'idée que ce débat, risqué entre tous, aidera à déclencher une dynamique électorale.

Philippe WAUCAMPT.