Profs : la piste des retraités

Publié le 21/01/2010
Pour remplacer les enseignants absents, Luc Chatel songe à mobiliser des étudiants ou des retraités. Vives critiques
Profs : la piste des retraités
Profs : la piste des retraités
Pour remplacer les enseignants absents, Luc Chatel songe à mobiliser des étudiants ou des retraités. Vives critiques

Jeudi 21 Janvier 2010, © L'Est Républicain / FRANCE  + Vosges Matin / FRANCE

 

Chatel inquiète les syndicats à la veille de la grève.
Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel s'est attaqué hier au chantier du remplacement des enseignants absents en proposant quelques pistes, dont certaines ont été fraîchement accueillies par les syndicats.
Si les conclusions d'un rapport sur le sujet doivent être remises fin janvier au ministre, M. Chatel, interrogé sur Europe 1, a déjà indiqué qu'il allait proposer trois pistes aux syndicats.
Il entend notamment « diversifier et enrichir (le) vivier » de professeurs remplaçants, « par exemple avec des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l'Education nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours », a-t-il affirmé.

Les critiques des syndicats


Cette solution a été vivement critiquée par les syndicats.
« Recourir (...) à des chômeurs ou des étudiants sans formation pour les métiers revient à nier la professionnalité des métiers de l'éducation », a protesté le Snes-FSU, premier syndicat dans les collèges et lycées.
« Nous voulons des remplaçants titulaires et formés, sinon c'est de la garderie », a affirmé Thierry Cadart, pour le Sgen-CFDT.
En principe, les enseignants absents sont remplacés par des professeurs « remplaçants-titulaires », qui ne sont pas affectés à un établissement en permanence mais chargés de remplacer leurs collègues.
Du fait des suppressions de postes, affirment les syndicats, leur nombre diminue et ils sont de plus en plus affectés à des postes à l'année. D'où le recours, dans le second degré, à des vacataires ou contractuels.
« Ça nous inquiète beaucoup car encore une fois on aura recours aux précaires et à des gens pas formés. On va courir à la catastrophe pédagogique », a déclaré Christian Chevalier, pour le SE-Unsa.
Le ministre a nié que le problème du remplacement découle de la politique des suppressions de postes de ces dernières années, estimant que ce n'était pas un fait « nouveau ».

3.000 postes de remplaçants supprimés


A la rentrée 2009, environ 3.000 postes de remplaçants ont été supprimés. Le ministère dit disposer d'un potentiel de 50.000 remplaçants dans le premier et deuxième degré. Selon le ministère, le problème du remplacement concerne davantage les collèges et lycées que les écoles.
La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, a ouvert un site internet à l'automne pour recenser les cas d'absences non remplacées.