PSA dans le rouge

Publié le 26/07/2012
2.000 manifestants au pied du siège parisien, hier matin. PSA annonce 819 millions de pertes depuis six mois.
PSA dans le rouge
PSA dans le rouge
2.000 manifestants au pied du siège parisien, hier matin. PSA annonce 819 millions de pertes depuis six mois.

© L'Est Républicain, Vosges Matin, Jeudi le 26 Juillet 2012 / France-Monde

 

 

Comme s'il s'agissait d'enfoncer le clou, histoire de mieux faire passer le message auprès du gouvernement, l'information a été clairement mise en avant hier matin. La présentation du bilan des chiffres du premier semestre 2012 au sein du groupe Peugeot a pris les contours d'une affirmation ferme de la justification de la fermeture du site d'Aulnay et de la suppression de 8.000 postes.

 

La faiblesse des ventes de voitures dans le sud de l'Europe notamment a largement contribué à assécher les finances de PSA. Le premier constructeur automobile français accuse des pertes de 819 millions d'EUR sur les six premiers mois de l'année 2012. Bien au-delà des prévisions des analystes qui semblaient jusqu'alors se rejoindre pour tabler sur des pertes autour de 220 millions d'EUR. Très loin, surtout, des chiffres de la même période un an plus tôt : 806 millions d'EUR au premier semestre 2011, mais de bénéfices.

Le contexte économique ambiant qui se traduira à PSA par une baisse de chiffre d'affaires estimée autour de 5,1 % (29,6 milliards d'EUR) n'a pas refroidi la grogne sociale de près de 2.000 salariés hier devant le siège du constructeur, avenue de la Grande-Armée à Paris. Tenus informés des annonces par les représentants syndicaux, les personnels venus de Lorraine, Franche-Comté, région parisienne et ouest de la France pour l'essentiel, ont clairement manifesté leur opposition. Usant de discours vindicatifs, moqueurs souvent, rappelant au président Hollande que « le changement c'est maintenant », ou promettant à Philippe Varin d'être son « cauchemar ». Une « reprise » du Lorrain Edouard Martin (CFDT) lançant, voilà quelques mois, le mouvement de colère des métallos de Florange, à l'époque à l'adresse du précédent gouvernement.

« Nous n'avons pas fini de nous faire entendre »

Clairement, le ton indique que les syndicats de PSA vont engager un combat social de longue haleine pour réduire l'ampleur des restructurations. Outre les réductions de postes dont l'impact financier est estimé à 600 millions d'euros, PSA va réduire ses investissements de 550 millions d'euros. « Nous avons besoin de rétablir notre rentabilité économique » a justifié Philippe Varin.

Outre la vente du prestigieux siège parisien, le plan de réorganisation à l'horizon 2015 devrait se traduire par un retour à l'équilibre à la fin 2014. En milieu de journée était rendue publique l'officialisation du plan de relance gouvernemental de la filière, grâce au bonus aux véhicules hybrides et électriques. « Une excellente chose si les mesures comprennent une aide à l'innovation », a souligné Phlippe Varin lors d'un point-presse succédant à la publication des résultats semestriels du groupe. Au pied des Champs-Elysées, sous l'oeil de touristes chinois immortalisant la manifestation par des clichés, les syndicalistes s'apprêtaient à redescendre vers le siège de PSA, avant de s'éparpiller sur les chemins du retour. Un ouvrier d'Aulnay : « Que la direction ne pense pas que l'été nous fera perdre le sens des priorités. Nous n'avons pas fini de nous faire entendre ».