PSA : moins de suppressions de postes ?

Publié le 21/11/2012
Suite et fin de l'expertise du volet social présentée par le cabinet Secafi hier aux délégués syndicaux à Poissy
PSA : moins de suppressions de postes ?
PSA : moins de suppressions de postes ?
Suite et fin de l'expertise du volet social présentée par le cabinet Secafi hier aux délégués syndicaux à Poissy

© L'Est Républicain, Mercredi le 21 Novembre 2012 / France-Monde + Vosges Matin

 

Le 5e volet de l'expertise Secafi a porté hier sur le volet social du plan Varin. Présenté à la Commission économique du CCE de PSA, à Poissy, le rapport relève des contradictions dans les chiffres. La Direction aurait pris comme base de calcul les effectifs du mois de mai 2012 pour soustraire les 7.979 postes qu'elle veut supprimer. « Or, jusqu'à fin juillet, un plan GPEC de départs volontaires était en cours », note Bruno Lemerle de la CGT à Sochaux. « Ce plan présente un manque de rigueur. Les départs volontaires intervenus depuis devraient être déduits de la restructuration en cours. Il s'agit de plusieurs centaines d'emplois. »

Trouver un accord sur la pénibilité et sécuriser l'emploi

Secafi envisage, pour les seniors, une cessation anticipée d'activité de 3 ans. Cette durée pourrait être allongée par la négociation d'un accord sur la pénibilité. « La Direction nous répond que c'est trop cher », déplore Hassan Afgour, Délégué syndical CFDT à Charleville-Mézières. « Nous lui demandons, depuis juillet, outre cet accord, de prendre aussi en considération les plans d'épargne temps des salariés qui ont des compteurs horaires excédentaires. Ça pourrait en faire partir un peu plus. C'est vrai que PSA perd 200 millions d'euros par mois. Ces dispositifs coûteraient à peu près 400 millions d'euros la première année. Ensuite, c'est dégressif. Ce que nous cherchons, c'est pérenniser l'emploi des plus jeunes, voire en embaucher sur les postes supplémentaires qui seraient vacants si ces négociations étaient acceptées. »

Les experts, sur ce dernier sujet, insistent sur le reclassement des salariés à Aulnay et Rennes. Ils préconisent la création d'un Fond d'accompagnement pour la sécurisation de l'emploi (FASE), cofinancé par l'entreprise et les pouvoirs publics. Pendant son temps d'adhésion au FASE, le travailleur resterait salarié de l'entreprise, serait payé au même niveau qu'en activité partielle de longue durée (APLD) et bénéficierait des formations nécessaires pour son nouvel emploi.

« Nous avons demandé à Secafi de croiser cette proposition avec les engagements de PSA de réindustrialiser Rennes et Aulnay », indique le représentant CGT. « Nous voulons vérifier si ce dispositif est suffisant pour garantir aux salariés de ne quitter leur CDI PSA que pour un CDI ailleurs. Nous demandons aussi à la Direction de maintenir la production de la C3 à Aulnay, le temps que les employés bénéficient d'un autre CDI acceptable. »

Inquiétudes

Pascal Pavillard, de FO à Sochaux, est enfin satisfait. « Le cabinet Secafi a prouvé qu'il était capable de faire autre chose qu'entériner la politique de casse de la Direction. Mais ces propositions doivent être les mêmes pour tous les sites. Jusqu'à présent, il y a eu trop de différences au niveau des primes de départ. La GPEC doit surtout servir à former les gens, à les reconvertir. Pas à faire le ménage. »

D'autre part, le délégué syndical est inquiet pour les 400 salariés d'Aulnay qui ont plus de 58 ans. « C'est une population d'immigrés venue tardivement en France. Ils sont loin d'avoir tous leurs trimestres. Pire, ils sont nombreux à être illettrés. Ce sont des gens difficiles à reclasser. »

D'après Pascal Pavillard, cette frange de salariés, vieillissante, occupe des postes lourds à Poissy. « Qu'est-ce qu'il va advenir de ces gens ? » Il continue son analyse en rappelant qu'à Rennes, beaucoup de salariés sont partis. Ceux qui y travaillent sont jeunes. « Le coup de balai a été donné. À qui le tour ? La seule alternative est la formation pour faire évoluer les métiers. »

Il partage un même sentiment avec Hassan Afgour : le manque de moyens actuels pour sauver les emplois. « Sans l'intervention de l'Etat, nous n'irons pas loin. Rien ne s'éclaircit avant 2016. Nous craignons qu'il y ait plus de 8.000 suppressions de postes, à terme. Si les gens n'achètent pas nos véhicules, c'est le mur qui nous attend, même si les perspectives pour Sochaux sont bonnes en terme de remplacement de nos véhicules (308, 3008, 5008 et DS5). »

Paul-Henri PIOTROWSKY