Renault : un plan pénibilité qui dérange

Publié le 27/11/2010
Le plan pénibilité de Renault, qui incite au départ anticipé à la retraite, ravive les craintes concernant l'emploi des personnes après 60 ans.
Renault : un plan pénibilité qui dérange
Renault : un plan pénibilité qui dérange
Le plan pénibilité de Renault, qui incite au départ anticipé à la retraite, ravive les craintes concernant l'emploi des personnes après 60 ans.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 27 Novembre 2010 / IG
 
Marie-Claire Carrère-Gée, rattachée à Matignon, est opposée au projet de Renault. Photo AFP

La réforme des retraites a mis en place un allongement de la durée d'activité nécessaire pour avoir une retraite à temps plein. Pourtant, le constructeur automobile Renault a annoncé mardi un dispositif de départs anticipés pour pénibilité en cours de négociation avec les syndicats. Il consisterait pendant trois ans à permettre aux ouvriers et Etam (Employés, techniciens, agents de maîtrise) du groupe en France, âgés de 58 ans et plus début 2011, d'être dispensés d'activité jusqu'à l'âge de liquidation de leur retraite du régime général, sous certaines conditions de pénibilité (quinze années de travail posté ou une incapacité permanente d'au moins 10 % ou des restrictions d'aptitude).

Plan social déguisé

Pour Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, organisme consultatif rattaché à Matignon, « l'Etat doit s'opposer en l'état » à ce plan de départ : « On ne peut pas avoir un Etat schizophrène qui, d'un côté, fait voter une loi sur les retraites et, d'un autre côté, un Etat qui accepte un plan social déguisé dans une entreprise dont il est actionnaire ».

La présidente du Medef Laurence Parisot a de son côté aussitôt fustigé un choix « étonnant » du constructeur automobile pour ses seniors, en y voyant un « signal contradictoire » par rapport à la réforme relevant l'âge de la retraite. Le ministre du Travail Xavier Bertrand s'est aussi dit « très réservé » en assurant que l'Etat ne mettra « pas un euro » dans la mesure.

Si les syndicats se sont félicité que Renault prenne en compte la pénibilité, ils craignent que peu d'embauches ne compensent ces départs. Cela ressemble à « un outil de dégraissage », a regretté Bernard Thibault (CGT). Le constructeur reconnaît qu'il doit « gérer une sous-activité » et qu'il reste au-dessus de son objectif de taux d'emploi des plus de 55 ans.

François Chérèque (CFDT) voit dans cette mesure la démonstration qu'il « faut revoir la réforme des retraites ».