Répondre à la « provocation »

Publié le 25/04/2012
1er mai L'intersyndicale a appelé hier à la mobilisation massive de ses sympathisants en réaction à l'annonce du président-candidat d'un grand rassemblement à Paris pour fêter le « vrai travail »
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1er mai L'intersyndicale a appelé hier à la mobilisation massive de ses sympathisants en réaction à l'annonce du président-candidat d'un grand rassemblement à Paris pour fêter le « vrai travail »

© L'Est Républicain, Mercredi le 25 Avril 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 

Les syndicats veulent étoffer leurs cortèges pour relever le défi de Nicolas Sarkozy. Photo d'archives

L'ANNONCE par Nicolas Sarkozy d'un « grand rassemblement » au Champ-de-Mars le 1er mai a suscité l'ire des syndicats. La CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l'Unsa, qui appellent ensemble à des mobilisations unitaires dans tout le pays le 1er mai, ont demandé hier aux salariés de « relever le défi » en « participant massivement » aux manifestations.

La CGT a dénoncé hier « une provocation du président de la République » qui « vise à détourner et à récupérer le 1er mai par l'annonce d'un rassemblement de ses partisans, à Paris, ce jour-là, sur le thème fallacieux du ''vrai travail''». Pour elle, « cette opération n'a d'autre objectif que de diviser les salariés et stigmatiser leurs organisations syndicales ».

Lundi, la CFDT avait également jugé « inquiétant d'entendre des responsables politiques s'auto-désigner uniques représentants des travailleurs en détournant l'objet du 1er mai ».

« La fête du travail, c'est Pétain »

Annick Coupé, déléguée générale de Solidaires, n'y va pas par quatre chemins pour en expliquer le sens : « Il s'agit clairement d'une entreprise de drague des voix du Front national pour le deuxième tour de la présidentielle, dans lequel Nicolas Sarkozy est en difficulté », a-t-elle affirmé. « Il veut opposer ceux qui travaillent aux ''assistés'' : c'est la rhétorique du Front national », argue-t-elle.

« Le 1er mai appartient au monde du travail, aux salariés et aux organisations sociales », a relevé Nadine Prigent, secrétaire confédérale de la CGT. Elle a trouvé « choquant » qu'« un président en mauvaise posture électorale vienne nous parler du travail, alors qu'il l'a ignoré pendant cinq ans ».

« Le 1er mai c'est la fête des travailleurs, et pas la fête du travail qui est une notion pétainiste », a renchéri Annick Coupé. Un fait historique également rappelé par Jean-Claude Mailly leader de Force ouvrière : « Le 1er mai, ce n'est pas la fête du travail, c'est Pétain qui a inventé ça, le 1er mai c'est une journée internationale de solidarité et de revendications », a-t-il souligné en dénonçant une « récupération politique ».

Seule la CFTC a fait savoir qu'elle ne participerait pas au niveau confédéral aux traditionnels défilés du 1er mai, laissant toutefois à ses adhérents la liberté de « se mobiliser comme ils le souhaitent ».