Retraite : du lest lâché sur les symboles

Publié le 15/06/2010
en pleine réforme du régime général de retraite, les parlementaires ont été prévenus qu'ils ne pourront s'exonérer de tout effort.
Retraite : du lest lâché sur les symboles
Retraite : du lest lâché sur les symboles
en pleine réforme du régime général de retraite, les parlementaires ont été prévenus qu'ils ne pourront s'exonérer de tout effort.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 15 Juin 2010 / IG /

 

 Les députés bénéficient d'un système de double cotisation qui permet, après 5 ans, de toucher 1 500 EUR nets par mois et 6 198 EUR après 22,5 ans. Chez les sénateurs, un seul mandat de six ans permet de toucher 1 932 EUR par mois et la retraite à taux plein, 6 664 EUR après 23 ans. « Il faut aligner ce régime sur le régime général » et « probablement réfléchir sur le système de double cotisation », a proposé François Baroin (Budget). Hier, Eric Woerth (Travail) a demandé que l'avantageux régime des parlementaires soit modifié « dans les jours qui viennent ». Les ministres - 25 issus du Parlement - pourraient un jour être contraints de renoncer, durant la durée de leur activité ministérielle, au système de cotisation à la fois au régime général et à la caisse des parlementaires. Toutefois, « on va attendre d'avoir évoqué la réforme générale des retraites avant de se l'appliquer à nous-mêmes », a précisé le questeur Richard Mallié (UMP).

Le Premier ministre a de son côté assuré hier depuis Oslo que la réforme des retraites allait prévoir « une contribution » de « ceux qui sont les plus fortunés de notre pays ». François Fillon n'a donné aucun détail sur le niveau de revenu qui pourrait être concerné par la mesure. De source proche du gouvernement, on indiquait que l'idée de taxer temporairement les revenus supérieurs à 11 000 EUR par mois n'était « plus à l'ordre du jour ».

Entreprises concernées

La suppression d'« un certain nombre d'injustices qui existaient dans notre pays », notamment en terme de « convergences entre le privé et le public », est en revanche prévue, ainsi que la fin d'« un certain nombre d'avantages qu'avaient certaines catégories de Français, y compris dans le monde politique ». « Il y aura bien une participation des plus aisés au financement des retraites » et « il y aura bien des ressources supplémentaires [...] qui concerneront les entreprises », a appuyé Woerth en expliquant : « Souvent les ménages aisés partent en retraite plus tard et donc la mesure d'âge les atteint moins ». Le gouvernement a aussi déjà évoqué la modification du calcul des allègements de cotisations patronales sur les bas salaires.

Du côté des syndicats, l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, Unsa et FSU a confirmé son appel à une journée de grèves et de manifestations le 24 juin, pour marquer son opposition au report de l'âge légal de départ à 60 ans.