Retraite : la CFDT monte au front

Publié le 08/06/2010
En congrès à Tours, le syndicat de François Chérèque s'oppose fermement à l'allongementde la durée légale. Oubliés les déchirements de 2003.
Retraite : la CFDT monte au front
Retraite : la CFDT monte au front
En congrès à Tours, le syndicat de François Chérèque s'oppose fermement à l'allongementde la durée légale. Oubliés les déchirements de 2003.

L'Est Républicain, Mardi le 08 Juin 2010 / France-Monde

 


UNE SYMBOLIQUE transportée jusque dans le décor ! Dans le cadre futuriste et longtemps controversé du Centre international des Congrès Vinci qui, implanté au coeur névralgique de l'agglomération tourangelle, fit longtemps jaser par sa conception avant-gardiste avant de convaincre les réticents, la CFDT évolue cette fois sur le velours de la modernité des lieux.

Elle qui, en 2003, vit sa position sur le dossier des retraites lui coûter une hémorragie d'effectifs, semble recueillir sur le front syndical les fruits de sa continuité. A mi-chemin entre l'opposition à un recul de l'âge de départ en retraite appliqué de manière unilatérale par le gouvernement sur une « logique purement financière », et la conviction affirmée d'un indispensable virage, la centrale de Belleville a repris son impulsion.

« Acceptation des réalités économiques »

Surfant sur ce que les sociologues interprètent comme une « acceptation des réalités économiques » au sein de la population, la voilà repartie de l'avant, cette fois sans friction interne semble-t-il. Dans un champ de syndicalisation qui s'effrite inexorablement en France, elle se permet ainsi d'afficher près de 30.000 adhérents supplémentaires en deux ans, renvoyant au registre des lointains souvenirs les défaites aux prud'hommes de 2008 et son retard de douze points concédé sur la CGT. Ils seraient aujourd'hui près de 750.000 adhérents avec une progression de 32 % en quatre ans.

Propulsé vers une troisième et dernière mandature sans opposant, François Chérèque et la CFDT lèveront le voile précisément sur la position officielle de la confédération jeudi sur les retraites, après avoir reçu les collègues Alain Olive (UNSA) et surtout Bernard Thibaut (CGT) jeudi. Mais la fermeté du message d'opposition au gouvernement, longuement applaudie hier après-midi par les 1.500 délégués réunis au coeur de la capitale de Touraine, a déjà donné le ton.

De notre envoyé spécial à Tours Antoine PETRY