Retraite : les syndicats contre les pistes de Woerth

Publié le 18/05/2010
En avril, le ministre du Travail Eric Woerth avait reçu tour à tour les représentants des organisations syndicales et patronales. Plusieurs syndicats disent ne pas avoir été écoutés.
Retraite : les syndicats contre les pistes de Woerth
Retraite : les syndicats contre les pistes de Woerth
En avril, le ministre du Travail Eric Woerth avait reçu tour à tour les représentants des organisations syndicales et patronales. Plusieurs syndicats disent ne pas avoir été écoutés.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 18 Mai 2010 / IG /

Photo AFP

Les syndicats planchent aussi sur le dilemme des retraites de Français vivant toujours plus longtemps. De leur avis, les 14 pistes du gouvernement sont « injustes » et « insuffisantes ». Malgré le prélèvement sur les hauts revenus.

Le ministre du Travail Eric Woerth devrait entendre aujourd'hui beaucoup de critiques lors des consultations organisées avec les dirigeants des organisations syndicales et patronales.

LE FAIT DU JOUR

L'allongement de la durée d'activité des salariés, privilégiée à une réforme des impôts ou à un élargissement de l'assiette des cotisations (ce qui signifierait faire reposer les cotisations sociales sur d'autres éléments que les seuls salaires), est censé fixer la route à suivre jusqu'à « 2020 ou 2030 » pour atteindre l'équilibre.

Le document d'orientation transmis par le gouvernement aux partenaires sociaux confirme en effet qu'il faudra travailler plus longtemps - sans donner la préférence du gouvernement. Il promet aussi l'instauration d'une contribution pour les hauts revenus et les revenus du capital, qui ne pourra pas entrer dans les exonérations prévues par le bouclier fiscal. Pas de quoi calmer les syndicats CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires, qui appellent à une journée de mobilisation le 27 mai.

« Il fallait que tout le monde s'y mette »

« Nous ne nous faisons pas d'illusions sur le niveau de contribution auquel les hauts revenus et les revenus du capital seront soumis. Et donc nous pensons que ça ne suffira pas de toute façon à équilibrer nos régimes », a commenté Eric Aubin, chargé de ce dossier à la CGT. Il a rappelé que la CGT prônait « une autre politique d'emploi », « l'élargissement de l'assiette de cotisations » ou la mise « à contribution des revenus financiers des entreprises ».

Pour Pascale Coton, secrétaire générale adjointe chargée des retraites à la CFTC, « on ne peut pas répondre favorablement à ce document qui ne fait que faire reposer l'essentiel de la réforme sur les salariés en disant 'Il faut travailler plus longtemps'. » « Nous, on pensait qu'il fallait que tout le monde s'y mette : les entreprises, les stock-options, la participation, ceux qui font des bénéfices et ne réinvestissent pas sur l'emploi », a-t-elle précisé.

Pour la CFDT, le document d'orientation « laisse entrevoir des solutions injustes, sans commune mesure avec les défis posés par le système de retraite ». Elle « sera attentive » à ce que la contribution demandée aux hauts revenus ne soit pas « uniquement une mesure symbolique ».

Selon le Conseil d'orientation des retraites, le déficit annuel des retraites en 2030 sera compris entre 56 et 80 mds d'EUR. Les mesures gouvernementales seront donc à mettre en face de ces chiffres au moment de faire les additions. En 2050, il y aura 1,2 actif par retraité, contre 4 en 1960. Le gouvernement souligne déjà que le recul de l'âge légal de départ est susceptible d'avoir un impact plus rapide sur l'allongement de la durée d'activité que l'augmentation de la durée de cotisation obligatoire pour pouvoir partir. Seule la CFE-CGC ne rejette pas un recul de l'âge de départ au-delà de 60 ans. Un point d'interrogation demeure aussi sur le sort des fonctionnaires : l'allongement de la durée d'activité les concernera aussi, mais le document ne dit pas si les règles de calcul de leur pension seront modifiées.

A gauche, le Parti socialiste, qui fera ses contre-propositions «dans les jours qui viennent», dénonçait un « leurre » (Benoît Hamon) et un « tour de passe-passe » (Ségolène Royal) après l'annonce de la contribution sur les hauts revenus voulue par Nicolas Sarkozy qui annonçait : « Même les riches » paieront.