Retraite : les syndicats se mobilisent

Publié le 05/09/2010
L'ensemble des syndicats espère faire franchir un nouveau cran à la mobilisation contre le projet de réforme des retraites mardi, au coup d'envoi du débat parlementaire, pour tenter de faire plier le gouvernement.
Retraite : les syndicats se mobilisent
Retraite : les syndicats se mobilisent
L'ensemble des syndicats espère faire franchir un nouveau cran à la mobilisation contre le projet de réforme des retraites mardi, au coup d'envoi du débat parlementaire, pour tenter de faire plier le gouvernement.

© Vosges Matin, Dimanche le 05 Septembre 2010 / France 
 
La réforme des retraites sera défendue au Parlement par un Eric Woerth de plus en plus affaibli par l'affaire Bettencourt. (Photo AFP) 

Mardi, Pour cette sixième journée d'action nationale depuis début 2010, la troisième spécifique sur les retraites, les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FSU, Unsa), rarement unis, escomptent au moins autant, sinon plus, de manifestants que le 24 juin (2 millions selon les organisateurs, 800 000 selon la police).

D'autant que les cortèges seront grossis cette fois par les militants de FO, qui avaient fait bande à part le 24 juin, préférant défiler une semaine auparavant. Près de 190 manifestations sont prévues en France et de nombreux appels à la grève ont été lancés notamment dans les transports et chez les fonctionnaires.

Réforme phare

Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, a appelé les Français à faire du 7 septembre « un rendez-vous hors du commun », son homologue de la CFDT, François Chérèque, estimant qu'être « très nombreux » était « la seule chance » de « faire changer » la réforme.

S'il dit s'attendre à une forte mobilisation, le gouvernement reste déterminé à ne pas modifier fondamentalement cette réforme phare du quinquennat.

« Je ne serai pas le président de la République qui partira sans avoir réglé la question de l'équilibre des régimes de retraite. C'est clair, je suis extrêmement déterminé », a martelé vendredi Nicolas Sarkozy.

Inflexible sur les mesures-clés, dont le report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans et celui de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans, il a laissé la porte ouverte à des évolutions, notamment sur la « pénibilité » et le dispositif de départs anticipés pour ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans.

Mais les syndicats, qui dénoncent une réforme « injuste », reprochent au gouvernement de rester sourd à leurs revendications. « Pour le moment, il n'y a pas de discussion » et le gouvernement ne veut parler que « des décimales après les virgules », selon le leader de FO Jean-Claude Mailly.

« Nous avons réuni 50 fois les syndicats », se défend le ministre du Travail, Eric Woerth, regrettant « un bras de fer » alors que « la réforme initiale a déjà beaucoup évolué ».

Sans trop d'illusions sur les concessions du gouvernement, les syndicats souhaitent peser sur un débat parlementaire express. L'adoption du projet est espérée fin octobre par le chef de l'Etat.

Après des débats estivaux agités en commission, l'atmosphère promet d'être encore plus électrique dans l'hémicycle.

Le « problème » Woerth

La réforme sera défendue au Parlement par un Eric Woerth de plus en plus affaibli par l'affaire Bettencourt. Le ministre, qui a reçu à nouveau vendredi un soutien, a minima, de Nicolas Sarkozy, pourrait être épaulé par le chef du gouvernement François Fillon.

Alors que jusqu'ici les syndicats s'étaient abstenus de commentaire sur leur principal interlocuteur, les dirigeants des trois principales centrales n'ont plus caché ces derniers jours que la position du ministre devenait « un vrai problème » pour continuer à « parler du fond » de la réforme.

Les députés UMP vont apporter un gage d'ouverture sur le fond en déposant mardi, sur consigne du gouvernement, un amendement de dernière minute sur la pénibilité.

Le PS, requinqué, veut « mettre en scène » ses propositions, mais dénonce par avance « un débat tronqué pour raccourcir le supplice d'Eric Woerth », selon la députée chargée du dossier, Marisol Touraine, qui suggère de « reprendre les négociations avec un nouveau ministre ».