Retraites : cotisation et âge au banc d'essai

Publié le 12/05/2010
Le conseil d'orientation des retraites a évalué différentes pistes pour la réforme des retraites. L'hypothèse la plus défavorable pour les salariés fait reculer l'âge légal à 63 ans, tout en allongeant la durée de cotisation à 45 ans.
Retraites : cotisation et âge au banc d'essai
Retraites : cotisation et âge au banc d'essai
Le conseil d'orientation des retraites a évalué différentes pistes pour la réforme des retraites. L'hypothèse la plus défavorable pour les salariés fait reculer l'âge légal à 63 ans, tout en allongeant la durée de cotisation à 45 ans.
Dans un dossier technique publié hier, le conseil d’orientation des retraites (COR) a évalué l’impact financier de ces différentes pistes, sans en préconiser aucune.
La retraite à 63 ans combinée à 45 ans de cotisations permettrait, par exemple, de couvrir 53 % du déficit du régime général (salariés du privé), estimé en 2050 à environ 65 milliards d’euros, dans le cadre d’un scénario économique prévoyant une stabilisation du chômage à 4,5 %. Mais ce n’est qu’une des hypothèses testées, la plus défavorable aux salariés en termes de durée de cotisation nécessaire pour une retraite complète.
L’hypothèse qui soulagerait le plus les finances est celle qui combine une durée de cotisation allongée progressivement à 43,5 ans (pour la génération 1990) avec un âge légal porté à 65 ans d’ici 2035 : elle permettrait de couvrir près de 60 % des besoins de financement des retraites de base du privé d’ici 2050.
Dans sa synthèse, l’un des principaux scénarios détaillés par le COR combine une retraite à 63 ans avec un allongement de la durée de cotisation à 43,5 ans : il permettrait de couvrir 36 % du besoin de financement projeté pour 2050.
Dans tous les cas, la mise en application de ces mesures est envisagée progressivement, avec des hausses à raison d’un trimestre par an des bornes d’âge et des durées de cotisation pour une retraite complète.
Alors que ces chiffres sont scrutés par les acteurs de la concertation sur les retraites, le COR a fait assaut de précautions pour les présenter.
Leur préparation avait suscité de vives polémiques au sein de cette structure indépendante où syndicats, patronat, experts, parlementaires et représentants de l’Etat partagent leurs réflexions.

Préparer l’opinion 

Des syndicats avaient notamment jugé que certaines des variantes testées visaient à préparer l’opinion à des mesures difficiles préparées par le gouvernement. Les chiffrages d’hier ont ainsi été publiés sous la seule responsabilité du secrétariat général du COR.
Les syndicats ont été les premiers à réagir. «  Démonstration est faite qu’à ne déplacer que les leviers, on ne règle pas le problème : on durcit les conditions d’accès, on creuse les inégalités, mais on ne résout même pas le problème », a ainsi déclaré Jean-Louis Malys (CFDT), plaidant pour «  une vraie remise à plat » du système.
Pour Danièle Karniewicz (CFE-CGC), «  les scénarios du COR montrent que les effets commencent à être produits après 2020, même si on prend des mesures tout de suite. En attendant il y a déjà un déficit à combler et il faut trouver des recettes supplémentaires ».
Tout en contestant la pertinence des chiffrages, la CGT a souligné de son côté qu’ils montraient «  des résultats limités pour un coût social exorbitant », estimant que des mesures comme le recul de l’âge légal auraient un «  effet restrictif sur l’embauche des jeunes » et appauvriraient les salariés les plus âgés.
Le député socialiste Pascal Terrasse, membre du COR, a appelé le gouvernement à «  pacifier le débat », en ouvrant le dossier «  de la recherche de nouveaux financements, d’une nouvelle assiette de cotisations ».
 
Publié le 12/05/2010 (RL - France)