Retraites : des concessions jugées insuffisantes

Publié le 09/09/2010
Les syndicats battent le fer tant qu'il est chaud : une nouvelle journée de grèves et manifestations aura lieu le 23 septembre, afin d'exprimer leur mécontentement face aux annonces du chef de l'Etat hier matin.
Retraites : des concessions jugées insuffisantes
Retraites : des concessions jugées insuffisantes
Les syndicats battent le fer tant qu'il est chaud : une nouvelle journée de grèves et manifestations aura lieu le 23 septembre, afin d'exprimer leur mécontentement face aux annonces du chef de l'Etat hier matin.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 09 Septembre 2010 / IG
 

 

Eric Woerth hier à l'Assemblée nationale. Le projet de loi doit être adopté définitivement à la Toussaint. Photo REUTERS

Comme annoncé, Nicolas Sarkozy a fait des concessions sur la réforme des retraites. Insuffisantes, pour les syndicats, forts des défilés massifs de mardi, qui ont donc appelé à une nouvelle « grande journée de grèves et de manifestations » le jeudi 23 septembre.

Une autre forme de mobilisation est prévue le 15 septembre, date du vote du projet de loi à l'Assemblée. « Une journée forte d'initiatives et d'interpellations des députés, des membres du gouvernement et du président de la République dans les départements et les circonscriptions » sera organisée. L'adoption définitive du projet de loi doit avoir lieu d'ici la Toussaint. Sont absents de l'appel commun, Solidaires et FO, qui a promis pour sa part qu'il serait « dans l'unité d'action ».

Un milliard d'euros de compromis

Après les défilés qui ont réuni entre 1,12 et 2,7 millions de personnes, les syndicats sont en position de force, obtenant une intervention présidentielle dès hier. Ce soir, François Fillon, Premier ministre et Ségolène Royal, rivale de Nicolas Sarkozy à la dernière présidentielle, se succéderont dans l'émission « A vous de juger » sur France 2 consacrée à la réforme des retraites. Eric Woerth interviendra en duplex depuis l'Assemblée nationale. Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) réagiront aux interventions, sans débat avec Woerth. Mardi soir, Bernard Thibault a refusé d'être sur le plateau du journal de 20h avec le ministre du Travail.

Le chef de l'Etat a assuré en Conseil des ministres qu'il était « attentif » aux « préoccupations » de la rue mais qu'il n'était « pas question » de revenir sur l'âge de départ en retraite à 62 ans, ni sur l'âge pour une pension sans décote à 67 ans. Il a cependant annoncé plusieurs concessions, chiffrées à un milliard d'euros.

Concernant la pénibilité, le président propose d'abaisser de 20 % à 10 % le taux d'incapacité à partir duquel un salarié pourrait partir plus tôt, sous certaines conditions. Il a aussi promis d'« améliorer le dispositif carrières longues » pour qu'un plus grand nombre de salariés ayant commencé à travailler très jeunes en bénéficie.

Ces annonces ont été aussitôt décriées par les syndicats : du « bricolage » (CFDT), « des mesurettes » (FO) ou des « ajustements nettement insuffisants » (Unsa).

Tous les syndicats réclament le maintien de l'âge légal à 60 ans et à 65 ans pour une pension sans décote. Au second jour de la discussion générale sur les retraites, toujours tendue, à l'Assemblée nationale, l'opposition a aussi critiqué les annonces de l'Elysée, Martine Aubry (PS) stigmatisant « une fin de non-recevoir » aux Français « qui étaient dans la rue ».

Deux organisations patronales ont exprimé des réserves. La CGPME craint que ces concessions ne fassent peser un « risque non négligeable sur le bénéfice financier attendu de cette réforme », tandis que l'UPA (artisanat) met en garde contre une « reconnaissance sans limite de la pénibilité ».