Retraites, emploi : les syndicats vont jouer gros

Publié le 26/05/2010
Les syndicats jouent gros en organisant demain dans tout le pays une journée de grèves et de manifestations qu'ils ne peuvent se permettre de rater s'ils veulent influer sur la réforme des retraites, alors que le gouvernement est décidé à reculer l'âge de départ.
Retraites, emploi : les syndicats vont jouer gros
Retraites, emploi : les syndicats vont jouer gros
Les syndicats jouent gros en organisant demain dans tout le pays une journée de grèves et de manifestations qu'ils ne peuvent se permettre de rater s'ils veulent influer sur la réforme des retraites, alors que le gouvernement est décidé à reculer l'âge de départ.

Mercredi 26 Mai 2010, © Vosges Matin / FAIT DU JOUR / FAIT-DU-JOUR

 
Bernard Thibaut (CGT) : 'Une grosse partie.'
Cette journée d'action, montée par les syndicats CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires - soit six syndicats sur huit - sera la dernière avant l'annonce de la réforme, prévue autour du 20 juin. ' C'est une raison de plus' pour aller manifester, selon le secrétaire général adjoint de la CFDT Marcel Grignard. ' C'est évident que nous jouons une grosse partie jeudi', a lancé le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, lors d'un déplacement hier à Marseille. Pour le dirigeant syndical, ' si le gouvernement ne voit pas une mobilisation des salariés, c'est clair que le texte de loi sera très précis à propos de la mort de la retraite à 60 ans et l'allongement de la durée de cotisation'. Faisant cavalier seul, FO organise sa propre mobilisation le 15 juin. 'On rentre dans le dur avec la mobilisation de jeudi', a commenté le Premier ministre François Fillon devant les députés UMP. Si le rendez-vous du 27 mai porte aussi sur l'emploi et les salaires, il survient alors qu'il se confirme que la retraite à 60 ans est bien dans le viseur du gouvernement. L'inconnue est de savoir si la convergence de ces 'fuites' incitera les salariés à battre le pavé ou s'il nourrira un sentiment de résignation, avec l'impression que les dés sont déjà jetés. Selon les dirigeants syndicaux, c'est la première option qui est la bonne : laisser filtrer la fin des 60 ans, ' ça dynamise', estime Nadine Prigent (CGT). 'L e fait que le gouvernement sorte du bois doit être un encouragement à faire du 27 mai une journée réussie' , selon M. Grignard. 'Rien n'est joué' 'Tout le monde, y compris au gouvernement, est très prudent' sur l'évolution du climat social ces prochaines semaines, observe Jean Grosset (Unsa, autonomes). Pour lui, ' on n'est pas à l'abri d'une résignation' dans le contexte de crise qui voit les gouvernements européens annoncer l'un après l'autre des mesures de restriction. Cela n'empêche pas que l'idée d'avoir à travailler plus longtemps, une fois de plus après les réformes de 1993 et 2003, 'passe très, très mal' auprès des salariés, ajoute Jean Grosset. Selon un communiqué intersyndical, 'le gouvernement avance à marche forcée' mais 'rien n'est joué'. François Fillon a assuré quant à lui que 'la concertation continue' et que ' le débat doit rester ouvert' , au moins jusqu'au congrès de la CFDT (7-11 juin). Les syndicats ne font pas de pronostic sur la participation aux manifestations. 1 er mai mis à part, la dernière journée d'action, le 23 mars, avait réuni entre 380 000 et 800 000 personnes, selon les sources. En tout cas, l'appel intersyndical national ' est parfaitement relayé sur le terrain' , selon M. Grignard. Au-delà des retraites, les syndicats veulent interpeller gouvernement et patronat sur l'emploi. ' C'est aussi la question de demain', dont dépend notamment le financement des retraites, ajoute-t-il. Mme Prigent a fait état de ' plus de 2.000 arrêts de travail connus' dans des entreprises de tailles diverses, 'le double de la semaine dernière' . Elle relève ' beaucoup d'appels à des arrêts de deux heures ' dans le privé, entre autres chez Renault, Rodia, Total, Alstom, Arcelor, Caterpillar.