Retraites : essouflement sur le front des grèves

Publié le 27/10/2010
Taux de grévistes en baisse constante à la SNCF, amorce de reprise dans les raffineries : la mobilisation par la grève a montré hier des signes d'essoufflement, même si des débrayages ont toujours lieu.
Retraites : essouflement sur le front des grèves
Retraites : essouflement sur le front des grèves
Taux de grévistes en baisse constante à la SNCF, amorce de reprise dans les raffineries : la mobilisation par la grève a montré hier des signes d'essoufflement, même si des débrayages ont toujours lieu.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 27 Octobre 2010 / IG /

 

A Marseille, après 14 jours de conflit, les éboueurs grévistes ont repris le travail hier. Photo AFP

Les confédérations syndicales ont programmé demain la 7e journée d'action depuis la rentrée, alors que le Parlement devrait avoir définitivement voté la loi sur les retraites d'ici là. A la SNCF, où des préavis reconductibles sont en cours depuis 15 jours, le taux de grévistes était hier de 5,4 % selon la direction et 12,3 % selon la CGT, le plus bas depuis le début du mouvement. Après une forte entrée en matière le 12 octobre - entre 40 et 53 % de grévistes - la mobilisation des cheminots a fléchi quotidiennement, sauf le 19 octobre, lors de la journée interprofessionnelle. Bruno Duchemin (Fgaac/CFDT) rappelle que « les cheminots voulaient bien être la locomotive mais il fallait que les wagons suivent ». Pour Bernard Guidou (CGT-cheminots), « les modalités de la grève changent, on va de plus en plus vers des arrêts de 59 minutes, ainsi que des entrées et des sorties de grèves ». Un certain essoufflement pointe aussi chez les éboueurs, une profession très mobilisée ces derniers jours dans le sillage des agents marseillais.

Sur le front des carburants, la situation restait difficile hier avec une station-service sur cinq toujours à sec, et le gouvernement ne s'avançait pas à prévoir une date de retour à la normale. « Selon le dernier bilan effectué à 19h, la situation continue progressivement de s'améliorer », a estimé le ministre de l'Energie Jean-Louis Borloo dans un communiqué conjoint avec le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. Les deux hommes ont toutefois reconnu de « réelles disparités sur le territoire national, notamment en Ile-de-France, Ouest et Centre-Ouest ». Ils ont assuré qu'« en prévision du week-end de la Toussaint, une attention particulière sera à nouveau portée à l'approvisionnement des stations-service ».

Auparavant, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait évoqué un retour « progressif mais régulier » à la normale dans les stations-service et affirmé que cinq raffineries sur 12 avaient « repris le travail ». Huit raffineries étaient toutefois toujours hier en grève, partielle ou totale. Et sur les quatre sites où le travail a repris complètement, une seule raffinerie fonctionne, à débit réduit, et en puisant dans les stocks stratégiques de pétrole. Les autres ne peuvent redémarrer faute de brut, qui ne leur est plus acheminé en raison de la grève dans les terminaux pétroliers du Havre et de Fos-Lavéra. Dans les stations-service, les distributeurs indépendants de la FF3C recensaient un point de vente sur deux toujours « en difficulté » dans leur réseau de 3 500 stations rurales. « Les améliorations sont imperceptibles », selon leur porte-parole Frédéric Plan.