Retraites : Fillon tente de calmer la grogne

Publié le 10/09/2010
Deux jours après la forte mobilisation dans la rue contre la réforme des retraites, François Fillon est monté au front lors une émission spéciale, sans bouger d'un iota, y compris sur le report de l'âge légal.
Retraites : Fillon tente de calmer la grogne
Retraites : Fillon tente de calmer la grogne
Deux jours après la forte mobilisation dans la rue contre la réforme des retraites, François Fillon est monté au front lors une émission spéciale, sans bouger d'un iota, y compris sur le report de l'âge légal.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 10 Septembre 2010 / IG /
 

 

 

Arlette Chabot a donné la parole pendant une demi-heure au Premier ministre, qui a défendu pied à pied la réforme. Photo AFP

Le Premier ministre François Fillon s'est livré hier, dans l'émission A vous de juger, sur France 2, à un exercice de pédagogie très attendu sur la réforme des retraites. Pendant près d'une demi-heure, il a défendu pied à pied le texte actuellement débattu à l'Assemblée nationale. Tout juste s'est-il engagé sur une nouvelle allocation pour les seniors au chômage ayant tous leurs trimestres mais pas l'âge pour partir en retraite. Au passage, il a affirmé que le véritable chef d'orchestre de la réforme n'était autre que le président de la République tout en renouvelant son soutien à Eric Woerth, qui n'a « pas commis de faute » dans l'affaire Bettencourt. Le ministre du Travail, relégué en fin d'émission, a assuré n'être « nullement » affaibli et au contraire « totalement » concentré sur sa tâche.

L'opposition, tout comme les syndicats, sont restés sur un mode offensif. « La réforme de François Fillon est la réforme du Medef », a fustigé Ségolène Royal, porte-voix du Parti socialiste, qui s'exprimait après le Premier ministre. Elle a « solennellement » promis que, face au « camp des irresponsables », le PS rétablirait la retraite à 60 ans en cas de victoire en 2012. Les n°1 de la CGT Bernard Thibault et de la CFDT François Chérèque - qui avaient refusé de débattre avec le ministre du Travail, estimant que le seul interlocuteur valable était le chef de l'Etat - ont campé sur leurs positions. Le premier a déploré les « contre-vérités » et les « comparaisons mensongères » de François Fillon.

« Raisonnable »

L'allongement de l'âge légal de 60 à 62 ans, qui cristallise aussi la fronde des syndicats, est « au coeur de la réforme », conditionne « l'équilibre des régimes de retraite » et permet de sauver le système par répartition, a plaidé François Fillon en réponse à « l'inquiétude des Français » qu'il « comprend parfaitement ». La réforme proposée est « très raisonnable » et « s'inscrit dans une continuité après celles de 1993 et de 2003 » qu'il avait lui-même conduite, a affirmé le Premier ministre. A plusieurs reprises pour justifier les choix du gouvernement, il s'est appuyé sur les exemples de pays européens où, selon lui, « le débat se fait entre 65, 66 et 67 ans ». Il a aussi souligné que la réforme n'était pas « définitive » et qu'il faudrait « faire évoluer les choses » au fil de son application.

François Fillon a fort à faire pour convaincre les Français à en croire un sondage BVA/Canal +. Pour 55 % d'entre eux, le gouvernement doit reculer sur le report de l'âge légal. Dopés par leur succès de mardi, les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le 23 septembre et ce malgré les aménagements annoncés par Nicolas Sarkozy sur les carrières longues, la pénibilité et les polypensionnés.