Retraites : FO redonne un coup de boutoir

Publié le 14/06/2010
FO refuse un report de l'âge légal de départ en retraite après 60 ans et jette toutes ses forces dans sa journée d'actions demain.
Retraites : FO redonne un coup de boutoir
Retraites : FO redonne un coup de boutoir
FO refuse un report de l'âge légal de départ en retraite après 60 ans et jette toutes ses forces dans sa journée d'actions demain.

Le Républicain Lorrain, Lundi le 14 Juin 2010 / IG
 

 

Photo REUTERS

Le gouvernement va lever le voile sur sa réforme des retraites mercredi, peaufinant les derniers arbitrages,

sous la pression de la gauche et des syndicats. FO se distingue en manifestant seul demain.

Au lendemain d'une journée d'action organisée en cavalier seul par Force ouvrière, la primeur de l'annonce officielle sur la réforme des retraites devrait revenir mercredi au ministre du Travail Eric Woerth, en première ligne dans ce dossier explosif,

« Il s'agira d'une version poussée mais pas définitive », a indiqué une source gouvernementale, alors que les partenaires sociaux pourraient prendre connaissance demain soir du projet gouvernemental, déjà largement défloré.

Après le recul de l'âge légal au-delà des 60 ans, qui a soudé les syndicats contre lui, le gouvernement a dévoilé cette semaine d'autres options, comme la hausse des cotisations des fonctionnaires.

Face au besoin de financement du système de retraite, estimé entre 56 et 80 milliards à l'horizon 2030, Woerth n'a pas exclu de devoir puiser dans le Fonds de réserve des retraites, une démarche qualifiée de « racket social » par le Parti socialiste. Créé par la gauche en 1999 pour n'être utilisé en principe qu'après 2020, le recours à ce fonds est un thème sensible.

Pénibilité

D'autres inconnues subsistent encore, notamment le curseur fixé pour l'âge légal, qui devrait varier autour de 63 ans, une option revendiquée par le patron des députés UMP, Jean-François Copé. Reste aussi à définir le volet sur l'emploi des seniors, les bonifications de certains fonctionnaires ainsi que le rythme de la réforme dont le gouvernement ne cesse de répéter qu'elle serait « progressive ».

La réforme devrait aussi prévoir des aménagements pour les salariés usés par leur travail, le gouvernement souhaitant privilégier une logique individuelle et médicalisée de la pénibilité des tâches, loin de satisfaire les syndicats. La prise en compte de l'usure au travail dans l'âge de départ en retraite est une attente forte pour une majorité de salariés, d'autant qu'elle apparaît comme la principale contrepartie du gouvernement au durcissement annoncé des conditions d'accès à la retraite.

Pour les syndicats, qui dénoncent un simulacre de concertation, l'autre interrogation réside dans la rue, où la mobilisation reste, selon eux, le seul moyen d'infléchir encore la position gouvernementale.

« Le gouvernement prend de grands risques, il maltraite la démocratie quand il agit à la hussarde », a lancé vendredi François Chérèque, le secrétaire général fraîchement réélu de la CFDT. En ouvrant la porte à un allongement de la durée de cotisation sous certaines conditions, le premier syndicat français en nombre d'adhérents a maintenu son profil réformiste, tout en exigeant le maintien de la retraite à 60 ans.

Demain, Force ouvrière, prévoit « plusieurs dizaines de milliers » de manifestants à Paris. Jean-Claude Mailly affirme, que cette journée « va montrer la détermination de FO », le gouvernement présentant son avant-projet de loi « juste aprè ». FO veut « faire reculer le gouvernement » sur une réforme « injuste socialement et inefficace économiquement ». Appellent aussi à la grève demain : la Fédération générale autonome des fonctionnaires (FGAF), syndicat minoritaire dans la Fonction publique, et le Snetaa (enseignants des lycées professionnels).

FO refuse un report de l'âge légal de départ en retraite après 60 ans, et tout nouvel allongement de la durée de cotisation ou remise en cause du Code des pensions de la Fonction publique. De fait, la journée d'action de FO, servira de prélude à celle des autres centrales (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa et CFTC), le 24 juin. Le passage du projet de réforme en conseil des ministres est attendu fin juillet.

Par ailleurs, Ségolène Royal a qualifié hier d'« arnaque considérable » le projet de réforme des retraites et réclame « que le capital cotise autant que le travail ».