Retraites : gouvernement et opposition campent sur leurs positions

Publié le 18/10/2010
Le gouvernement et sa majorité d'un côté, la gauche de l'autre, ont campé hier sur leurs positions sur la réforme des retraites, les premiers en plaidant son absolue nécessité, les seconds en appelant au dialogue pour dénouer une « situation de blocage », avant une nouvelle journée d'action mardi.
Retraites : gouvernement et opposition campent sur leurs positions
Retraites : gouvernement et opposition campent sur leurs positions
Le gouvernement et sa majorité d'un côté, la gauche de l'autre, ont campé hier sur leurs positions sur la réforme des retraites, les premiers en plaidant son absolue nécessité, les seconds en appelant au dialogue pour dénouer une « situation de blocage », avant une nouvelle journée d'action mardi.

Vosges Matin, Lundi le 18 Octobre 2010 / France 

 

« Le gouvernement a perdu la bataille de l'opinion ». (AFP)

Dans les médias, au siège du parti présidentiel ouvert hier pour une opération de pédagogie, ministres et responsables UMP se sont relayés toute la journée pour défendre la réforme et tenter de convaincre que le texte avait été amélioré durant le débat parlementaire.

Après une 5e journée de manifestations samedi et avant une nouvelle journée d'actions mardi, le Premier ministre François Fillon a mis tout son poids dans la balance dans la soirée, en intervenant dans le journal de 20 h de TF1.

Non pas pour suspendre le débat sur la réforme examinée actuellement au Sénat (le texte doit être voté mercredi, ndlr), comme l'ont invité à le faire des responsables socialistes, mais pour dire que « la réforme doit se faire et se fera », à en croire le ministre du Travail Eric Woerth.

Woerth « calme et serein »

Lorsqu'on « sait qu'on fait son devoir, on est calme et serein », a fait valoir M. Woerth, venu au siège de l'UMP pour expliquer la réforme.

Alors que le PS et la CFDT appellent le gouvernement au dialogue pour, comme l'a dit le socialiste Laurent Fabius, « sortir d'une situation de blocage », il a répliqué qu'il « écoutait sans arrêt » ainsi que le président Nicolas Sarkozy et M. Fillon « ce qui se dit ». « Et on a beaucoup tenu compte de ce qui se disait », a-t-il affirmé, citant les dispositions sur la pénibilité.

Même discours chez le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand : « Suspendre le débat, arrêter la réforme, ce n'est pas possible [...] le texte a été amélioré au Parlement, à l'Assemblée nationale sur la pénibilité, au Sénat sur les mères de famille de trois enfants ».

Seul, Dominique de Villepin a fait entendre samedi une voix discordante dans la majorité, en jugeant que le gouvernement avait « perdu la bataille de l'opinion ».

Hier, il a jugé « un compromis possible ».

Toute la journée, front contre front, droite et gauche se sont mutuellement accusés d'irresponsabilité. « Les irresponsables sont ceux qui ne veulent pas le dialogue, c'est-à-dire le gouvernement et le chef de l'Etat », a jugé l'eurodéputé PS Vincent Peillon, tandis que le ministre de l'Immigration Eric Besson a brocardé « l'ambiguïté » du PS qui est « en train d'inventer le droit à la petite retraite » quand le gouvernement veut « de vraies retraites, des retraites à taux plein ».

« Que le gouvernement ouvre sa porte parce que sinon il rajoute à une incompétence manifeste une intolérance », a répliqué M. Fabius pour qui la journée de mardi serait « la plus importante » de la contestation.

Pour M. Bertrand, le PS est « engagé dans une opération de guérilla », il est « à la remorque du mouvement syndical » et n'est « pas un parti de gouvernement ».