Retraites : l'Élysée a remporté une bataille

Publié le 03/05/2010
L'Élysée estimait hier avoir gagné une partie de la bataille de l'opinion sur la question des retraites vu la mobilisation moins élevée que l'an passé dans les défilés du 1 er mai en France, même si la réforme "ne sera pas un chemin de roses ".
Retraites : l'Élysée a remporté une bataille
Retraites : l'Élysée a remporté une bataille
L'Élysée estimait hier avoir gagné une partie de la bataille de l'opinion sur la question des retraites vu la mobilisation moins élevée que l'an passé dans les défilés du 1 er mai en France, même si la réforme "ne sera pas un chemin de roses ".

Lundi 03 Mai 2010, © Vosges Matin / FRANCE

 
L'affluence des défilés est restée parmi les meilleures des dix dernières années, mais les syndicats désunis n'ont pas donné la démonstration de force escomptée, et ils auront certainement du mal, jeudi prochain, à trouver un terrain d'entente pour la suite lors de leur réunion post-1 er mai. Entre 195 000 (police) et 350 000 (syndicats) personnes ont défilé en France. Les craintes pour la retraite étaient dans tous les esprits. Mais les manifestants étaient plus nombreux le 23 mars (entre 380 000 et 800 000). Dans le J ournal du Dimanche , le conseiller social de l'Élysée Raymond Soubie a constaté que ' les chiffres étaient en net retrait par rapport aux manifestations précédentes '. Une preuve selon lui qu'en matière de retraites, ' une large partie des Français considère qu'une réforme est inéluctable' . Le succès de la réforme selon l'Élysée réside désormais dans la capacité à faire que les mesures soient perçues par l'opinion comme ' nécessaires' et 'justes', selon la même source. Méfiez-vous, leur a répondu le député PS Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, rappelant qu'en 1995, 'le 1 er mai qui précédait le plan Juppé, on avait déjà des remarques de ce genre : 'les salariés ne sont pas mobilisés''. Phase de concertation 'On ne connaît pas le projet du gouvernement, donc on peut comprendre que les gens aient du mal à se mobiliser' , a également relativisé le leader CFDT François Chérèque, pressant par ailleurs le PS de positionner sur le sujet. Pour Bernard Thibault (CGT), il faudra sans tarder 'd'autres rendez-vous [...] avec l'objectif de peser avant que des décisions ne soient prises' . À ce stade, le gouvernement n'a rien dévoilé. Il consulte, rode son argumentaire, teste les différentes options par voie de presse interposée et dans des discussions en tête-à-tête avec les partis, les syndicats, etc. Durant cette période dite de 'concertation' , la bataille de communication fait rage. Au chapitre de la 'nécessité', l'argument démographique est convoqué avec constance selon l'équation simple : on vit plus vieux, on travaille plus vieux.