Retraites : l'heure du test pour les syndicats

Publié le 27/05/2010
Les syndicats jouent gros en organisant aujourd'hui dans tout le pays des grèves et des manifestations qu'ils ne peuvent se permettre de rater s'ils veulent influer sur la réforme des retraites.
Retraites : l'heure du test pour les syndicats
Retraites : l'heure du test pour les syndicats
Les syndicats jouent gros en organisant aujourd'hui dans tout le pays des grèves et des manifestations qu'ils ne peuvent se permettre de rater s'ils veulent influer sur la réforme des retraites.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 27 Mai 2010 / IG /

 

Le nombre de participants aux manifestations, baromètre de la mobilisation contre la réforme, sera scruté par les politiques comme par les syndicats. Photo AFP

Des grèves et des manifestations sont organisées dans toute la France, aujourd'hui, contre le projet de réforme des retraites. En confirmant la veille un report de l'âge légal de départ au-delà de 60 ans, le gouvernement semble vouloir tester les capacités de mobilisation des syndicats.
LE FAIT DU JOUR

Car cette journée d'action, montée par les syndicats CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa et Solidaires - soit six syndicats sur huit - sera la dernière avant l'annonce de la réforme, prévue autour du 20 juin. « C'est une raison de plus » pour aller manifester, selon le secrétaire général adjoint de la CFDT, Marcel Grignard. « C'est évident que nous jouons une grosse partie jeudi », a lancé le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, lors d'un déplacement mardi à Marseille.

Faisant cavalier seul, FO organise sa propre mobilisation le 15 juin.

« On rentre dans le dur avec la mobilisation », a commenté le Premier ministre François Fillon devant les députés UMP.

« Pas à l'abride la résignation »

Si le rendez-vous du 27 mai porte aussi sur l'emploi et les salaires, il survient alors qu'il se confirme que la retraite à 60 ans est bien dans le viseur, le gouvernement ayant pris la décision de toucher à l'âge légal de départ, le paramètre le plus sensible politiquement. L'inconnue est de savoir si la convergence de ces « fuites » incitera les salariés à battre le pavé ou s'il nourrira un sentiment de résignation, avec l'impression que les dés sont déjà jetés. Selon les dirigeants syndicaux, c'est la première option qui est la bonne : laisser filtrer la fin des 60 ans, « ça dynamise », estime Nadine Prigent (CGT). « Tout le monde, y compris au gouvernement, est très prudent sur l'évolution du climat social ces prochaines semaines », observe Jean Grosset (Unsa, autonomes). Pour lui, « on n'est pas à l'abri de la résignation, dans le contexte de crise qui voit les gouvernements européens annoncer l'un après l'autre des mesures de restriction ». Les syndicats ne font pas de pronostic sur la participation aux manifestations. Défilé du 1er Mai mis à part, la dernière journée d'action, le 23 mars, avait réuni entre 380 000 et 800 000 personnes, selon les sources.