Retraites : la fin du conflit se dessine

Publié le 06/11/2010
La CFDT se prépare à tourner la page du conflit alors que les Français sont appelés à descendre dans la rue pour la huitième fois en deux mois contre la réforme des retraites.
Retraites : la fin du conflit se dessine
Retraites : la fin du conflit se dessine
La CFDT se prépare à tourner la page du conflit alors que les Français sont appelés à descendre dans la rue pour la huitième fois en deux mois contre la réforme des retraites.

© Vosges Matin, Samedi le 06 Novembre 2010 / France / PARIS
 
A Bègles, c'est à renfort de casseroles que des opposants à la réforme des retraites participaient, plusieurs soirs par semaine, à la « casserolade » qui vise à mobiliser des citoyens..

Les Français sont appelés à descendre ce samedi dans la rue pour la huitième fois en deux mois contre la réforme des retraites, mais après le vote de la loi, les syndicats s'interrogent sur l'ampleur de cette mobilisation, certains, CFDT en tête, préparant à tourner la page du conflit.

A la veille de cette journée, la CFDT a confessé ne plus croire à une victoire, préparant un atterrissage en douceur du mouvement. « On va s'éloigner petit à petit malheureusement » du sujet des retraites, a affirmé son numéro un, François Chérèque.

« Si je dis aujourd'hui 'on va faire reculer le président de la République', personne ne me croirait, on se dirait 'celui-là, il rêve'», a-t-il lancé. Les retraites, « on va continuer à en parler » au moment de la promulgation et « en 2012 », lors de la présidentielle.

La réforme phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy, adoptée par le Parlement, attend avant d'être promulguée, le verdict du Conseil constitutionnel, saisi par le PS. Les neuf Sages ont jusqu'au 2 décembre pour se prononcer, le verdict pouvant tomber avant.

Les syndicats ont réussi jeudi soir à maintenir leur unité, annonçant un nouveau « rendez-vous » de mobilisation entre les 22 et 26 novembre, dont les modalités doivent être précisées lundi.

Mais les divergences sont palpables. La CGT, poussée par une partie de sa base, plaide ainsi pour maintenir la flamme de la contestation.

Didier Le Reste, patron des cheminots CGT, a exprimé « un peu de colère » hier sur France Info, car il attendait « une décision plus ferme » de l'intersyndicale pour que « le mouvement de fond se poursuive avant la promulgation de la loi ».

Et la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, a appelé à « tenter tout ce qui est possible jusqu'au bout pour empêcher la promulgation », concédant toutefois que « nous arrivons à la fin d'un processus. »

Un test

Les manifestations de ce samedi seront un test pour l'intersyndicale.

Pour Marcel Grignard (CFDT), « tout le monde souhaite que la mobilisation soit forte mais il y a une incertitude. »

Les six premières journées de mobilisation -- dont deux organisées un samedi -- ont rassemblé à chaque fois des millions de personnes, selon les syndicats, autour d'un million, selon la police. Mais la dernière, le 28 octobre, au lendemain du vote du Parlement et en pleines vacances de la Toussaint, a marqué un net reflux, avec une affluence divisée de moitié, sur fond d'arrêt des grèves, notamment dans les raffineries.

« Même si le gouvernement passe en force et promulgue la loi, ce mécontentement persiste », a relevé Jean Grosset (Unsa), mettant en garde contre « des modalités d'action qui ne correspondraient pas à la situation » et risqueraient de provoquer un effondrement de la participation. Dans ce cas, les syndicats « s'infligeraient une défaite. »

Fières de leur unité maintenue dans la durée, les confédérations se targuent d'avoir gagné la bataille de l'opinion, puisque tout au long du conflit une majorité de Français les ont appuyées, selon les sondages. « La réforme reste totalement impopulaire et le gouvernement isolé », pour Annick Coupé de Solidaires.

Désormais, l'intersyndicale « entend poursuivre le travail commun sur l'emploi, les salaires, le pouvoir d'achat et les conditions de travail. » Une stratégie rejetée par FO pour qui le dossier des retraites « n'est pas clos et il n'est pas question d'avoir des substitutifs. »

Sur le terrain, quelques actions ponctuelles de blocage persistent. Quant aux lycéens et étudiants, peu mobilisés cette semaine, ils sont appelés par leurs organisations à défiler aujourd'hui.