Retraites - La gauche mise sur la rue

Publié le 09/10/2010
Tandis que le Sénat actait le recul à 62 ans, les syndicats annonçaient une nouvelle journée de mobilisation le 16 octobre
Retraites - La gauche mise sur la rue
Retraites - La gauche mise sur la rue
Tandis que le Sénat actait le recul à 62 ans, les syndicats annonçaient une nouvelle journée de mobilisation le 16 octobre

© L'Est Républicain, Samedi le 09 Octobre 2010 / Ouverture France-Monde 

Le Sénat a adopté hier la mesure-phare de la réforme des retraites, à savoir le recul de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite, quatre jours avant la mobilisation de mardi sur laquelle mise désormais la gauche pour faire reculer l'exécutif.

Par 186 voix contre 153, le Sénat a voté l'article 5 du projet défendu par Éric Woerth, sans le modifier par rapport à la version adoptée par l'Assemblée nationale en septembre. Cela veut dire que cet article est définitivement adopté, sauf à envisager son retrait par le gouvernement ou un rejet de l'ensemble du projet de loi par le Sénat, comme le précisent les groupes PS et PCF.

Les sénateurs de gauche espèrent maintenant que la journée du 12 octobre obligera le gouvernement à reculer. Ils ont défendu en vain plus d'une trentaine d'amendements catégoriels pour exonérer du passage aux 62 ans les marins-pêcheurs, les joailliers, les couturiers ou encore le personnel des établissements d'entraînement de chevaux de courses... allusion évidente à Chantilly, fief du cheval et d'Éric Woerth.

Journée d'action le samedi 16

L'intersyndicale, qui s'est réunie au siège de l'Unsa (autonome) à Bagnolet a décidé hier une cinquième journée d'action qui aura lieu le 16 octobre, quatre jours seulement après celle prévue mardi. Les syndicats ont décidé de rééditer la « mobilisation intergénérationnelle » du 2 octobre, un samedi, qui avait permis à une population généralement absente des cortèges. L'objectif est « d'avoir la plus grande masse de salariés en mouvement », a expliqué le numéro deux de la CFDT Marcel Grignard, pour qui « depuis la rentrée, c'est probablement cinq à six millions de gens » qui ont battu le pavé.

« C'est dans les jours qui viennent que les choses vont se jouer. Il faut donc élever le rapport de force », a commenté Annick Coupé, de Solidaires (syndicats SUD et autres). « C'est une accélération de la riposte », a complété la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison.

Tous les syndicats ont cosigné un communiqué, sauf la CFE-CGC, qui réserve sa réponse sur le 16 octobre, et FO qui réclame comme mot d'ordre commun le « retrait » de la réforme. Ils soulignent que leur « détermination reste intacte » pour gagner. « Les scénarios ne sont pas du tout écrits », a jugé le numéro deux de l'Unsa Jean Grosset.

Divergences

Selon Nadine Prigent (CGT), « toutes les informations nous annoncent une très forte journée de grèves et de manifestations » mardi.

Ces propos ont été douchés par Marcel Grignard (CFDT), qui a dit « ne pas croire du tout que le 12 sera une grande journée de grèves » car « beaucoup de salariés rechignent à perdre une journée de salaire ».

Des divergences apparaissent aussi un peu plus nettement entre syndicats sur les suites à apporter au 12 octobre dans les entreprises et les bureaux, alors que des préavis ou appels à des grèves illimitées ou reconductibles se sont multipliés ces jours derniers (chimie, groupe Total, SNCF, RATP, compagnies maritimes...).

Selon le communiqué intersyndical, « la tenue d'assemblées générales et l'organisation de consultations unitaires des salariés sur leur lieu de travail pourront permettre de définir démocratiquement le rythme, les formes et les suites de l'action ».