Retraites : la marche en avant

Publié le 14/07/2010
La réforme des retraites a été examinée hier par le Conseil des ministres avant de prendre la direction du Parlement, Nicolas Sarkozy ayant prévenu qu'il resterait inflexible sur les mesures les plus critiquées.
Retraites : la marche en avant
Retraites : la marche en avant
La réforme des retraites a été examinée hier par le Conseil des ministres avant de prendre la direction du Parlement, Nicolas Sarkozy ayant prévenu qu'il resterait inflexible sur les mesures les plus critiquées.

© Vosges Matin, Mercredi le 14 Juillet 2010 / France 
 
Quelques manifestations ont eu lieu à Paris et en province, pendant que le projet de réforme des retraites était présenté en Conseil des ministres. (Photo AFP)

« C'est un grand jour, vous vous souviendrez de ce Conseil des ministres », a lancé le chef de l'Etat, selon des participants.

La veille, son intervention sur France 2 lui a permis d'afficher que le cap était maintenu sur le front des retraites, notamment le recul de l'âge légal à 62 ans, malgré les polémiques nées notamment de l'affaire Bettencourt.

Même si le ministre du Travail, Eric Woerth, a annoncé qu'il quittait ses fonctions de trésorier de l'UMP, suivant « le conseil » du président de la République, ce dernier l'a confirmé dans son rôle de chef d'orchestre de la réforme. C'est donc bien M. Woerth qui a présenté hier le projet de loi devant le Conseil des ministres, un texte dont le contenu correspond à ce qui avait été dévoilé en juin.

Le projet de loi doit désormais être soumis aux commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat, avant d'être discuté en séance plénière à partir du 6 ou du 7 septembre, pour une adoption espérée « à la fin du mois d'octobre », selon Nicolas Sarkozy.

« Rien n'est acquis tant que ça n'a pas été discuté par le Parlement », a souligné le député PS Michel Sapin, tandis que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a dénoncé un « gigantesque bras d'honneur » aux Français.

« Ce n'est ni une réforme de droite, ni une réforme de gauche », a défendu Eric Woerth, lors de son audition par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Interpellé plus tard lors de la séance des questions au gouvernement, il s'est étonné de la « violence absolument inouïe » de l'opposition.

Mobilisation le 7 septembre

« Vous ne voulez pas regarder la situation en face parce que vous n'avez pas de courage dans le domaine des retraites », a-t-il lancé à la député PS Marisol Touraine qui l'accusait d'avoir « eu peur » d'un débat.

Pour le gouvernement, la porte reste ouverte sur trois dossiers : la « pénibilité », le dispositif de départs anticipés pour ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans, et le cas particulier des poly-pensionnés, ces assurés pénalisés parce qu'ils relèvent de plusieurs régimes de retraite.

Sur ces points, « nous ferons des propositions complémentaires », a confirmé M. Woerth. Mais pour le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui réclame le « retrait » pur et simple du projet, « la réforme vise à répondre aux attentes du marché ».

« Le président de la République a été sourd aux problèmes des Français et aux injustices », a renchéri le dirigeant de la CFDT, François Chérèque. Son homologue de la CGT, Bernard Thibaut, a dénoncé « l'intransigeance de Nicolas Sarkozy », qui va « aiguiser la colère de ceux qui ne veulent pas entendre parler des mesures qui sont dans cette loi ».

Les deux dirigeants ont participé à la mi-journée à un rassemblement intersyndical de plusieurs centaines de militants devant le ministère du Travail à Paris, pour redire leur opposition au projet de réforme des retraites. Des rassemblements ont également eu lieu en province. Pour les organisations syndicales, le rapport de forces dépend désormais de leur capacité à sensibiliser les salariés. Ils préparent une « mobilisation massive » pour le 7 septembre afin de peser sur le débat parlementaire.