Retraites : la réforme déjà bouclée ?

Publié le 25/05/2010
La fin de la retraite à 60 ans serait déjà scellée : c'est ce qu'ont affirmé hier plusieurs médias mais le gouvernement a une nouvelle fois démenti, assurant que rien n'était fait.
Retraites : la réforme déjà bouclée ?
Retraites : la réforme déjà bouclée ?
La fin de la retraite à 60 ans serait déjà scellée : c'est ce qu'ont affirmé hier plusieurs médias mais le gouvernement a une nouvelle fois démenti, assurant que rien n'était fait.

Dimanche 23 Mai 2010, © Vosges Matin / FRANCE

Jusqu'à quel âge va-t-on devoir travailler avant de pouvoir profiter de la retraite ? Le gouvernement dit ne pas avoir pris de décision pour le moment.
Ce n'est pas la première fois que des médias affirment que les dés sont jetés, malgré la poursuite de la concertation avec les partenaires sociaux. Mais les informations publiées par LeMonde.fr, LExpress.fr et LesEchos.fr, publiées le même jour, convergent dans leurs détails. Pour les trois, qui n'identifient par leur source, le recul de l'âge de départ est acquis et aura lieu progressivement à partir de janvier 2011. Jusqu'à quel âge ? 62 ou 63 ans 'semblent plus probable', avance LesEchos.fr, précisant que 'la décision n'est pas formellement prise' par l'exécutif. 42 ans et 1 trimestre ? Même certitude affichée aussi sur l'autre paramètre, la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein, qui aura atteint 41 ans en 2012 : elle va être allongée parallèlement au recul de l'âge légal. Pour L'Express.fr, elle atteindra ainsi '42 ans et un trimestre en 2030'. Côté recettes nouvelles, ces journaux affirment que le gouvernement cherchera entre 3 et 4 milliards d'euros. Ils citent notamment la taxe sur les hauts revenus qui pourrait rapporter 600 millions d'euros et ajoutent que le taux de cotisation des fonctionnaires pourrait être relevé. Interrogé, le ministère du Travail 'dément formellement ces informations'. 'Tout sera connu au moment de la présentation du projet de réforme autour du 20 juin', a-t-il ajouté. 'Aucune décision n'a été prise' , a-t-on également assuré à l'Elysée. Informations de presse suivies de démentis formels : le même scénario s'était déjà produit au début du mois de mai, quand Le Monde avait prêté à Nicolas Sarkozy le projet de reporter l'âge légal jusqu'à 63 ans en 2030. Depuis, le gouvernement a publié son 'document d'orientation'. Il y écrit que sa priorité est d'allonger la durée d'activité des Français, mais se garde bien d'y dévoiler s'il va mettre en oeuvre un recul de l'âge légal pour y parvenir. Pour les syndicats, le doute n'a pourtant plus lieu d'être. Après un entretien avec Eric Woerth mercredi, le leader de la CGT, Bernard Thibault, s'est dit convaincu que le gouvernement allait jouer 'sur les deux leviers en même temps, l'âge et la durée de cotisation'. Son homologue de la CFDT, François Chérèque, reçu rue de Grenelle vendredi, a lancé après son entretien : 'On a vraiment le sentiment qu'il va décaler l'âge de départ vers 61 ans, 62 ans ou plus'. Des déclarations dans la majorité ont pu renforcer ce 'sentiment' . Quand Jean-François Copé a dévoilé mercredi les propositions des députés UMP et NC, favorables au recul de l'âge légal, il a parlé de 'convergence' avec le gouvernement. La députée UMP Valérie Rosso-Debord est allée plus loin : 'Le groupe UMP, lui, est très en phase avec les pistes avancées par le ministre du Travail, Eric Woerth : le recul de l'âge légal de départ entre 63 et 65 ans par paliers, additionné à l'allongement nécessaire du nombre d'années de cotisations'. A l'exception de la CFE-CGC, les syndicats sont résolument hostiles à la remise en cause de la retraite à 60 ans, défendue par le PS qui l'a instaurée en 1983. Ces spéculations autour de l'âge légal leur donnent du grain à moudre pour mobiliser en vue des manifestations intersyndicales prévues le 27 mai. 'S'il y a énormément de monde dans la rue, peut-être que le président de la République va y réfléchir à deux fois' , a estimé Bernard Thibault.