Retraites : le bras de fer continue

Publié le 25/09/2010
Les syndicats ne désarment pas contre le projet de réforme des retraites et organisent deux nouvelles journées de protestation début octobre.
Retraites : le bras de fer continue
Retraites : le bras de fer continue
Les syndicats ne désarment pas contre le projet de réforme des retraites et organisent deux nouvelles journées de protestation début octobre.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 25 Septembre 2010 / IG /

 
Les manifestations de jeudi dernier (ici à Metz) ont mobilisé entre 997 000 et près de 3 millions de manifestants, selon les sources. Photo Karim SIARI

Les syndicats ont appelé, hier, à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites le 12 octobre, qui sera précédée de manifestations dans toute la France le samedi 2 octobre afin de permettre à plus de salariés de participer au mouvement sans avoir à faire grève. De son côté, le Premier ministre François Fillon a adressé une fin de non-recevoir à la demande des syndicats d'une remise à plat complète de la réforme. Six syndicats (CGT, CFDT, CFTC, CGC, UNSA et FSU) ont lancé cet appel à deux nouvelles journées de mobilisation, dans une déclaration commune diffusée à l'issue d'une réunion organisée hier matin au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites à donner aux manifestations et aux grèves de la veille. FO et Solidaires, non signataires de la déclaration commune, appellent à se joindre aux deux prochaines journées. 

Les manifestations de jeudi - qui ont mobilisé entre 997 000 et près de 3 millions de manifestants selon les sources - ont été marquées « par l'engagement de nouveaux salariés du privé, notamment des PME mais aussi par la présence de plus de jeunes et de femmes », déclarent les six organisations syndicales dans leur texte.

« Prévu dès le départ »

D'éventuelles modifications du texte à la marge pourraient intervenir au Sénat, où la réforme arrive en discussion plénière le 5 octobre. Mais pas sur le report à 62 et 67 ans pour toucher une retraite à taux plein. « Il y aura des amendements sur la situation des femmes, cela fait partie du jeu mais pour le moment, le gouvernement bouge sur des choses prévues dès le départ selon un scénario pré-écrit et les mobilisations n'auront pas percuté le projet gouvernemental », analyse le politologue et historien René Mouriaux. « Ou bien on va vers une radicalisation si la base se durcit, mais la CGT n'en veut pas pour ne pas se séparer de la CFDT, elle-même fondamentalement hostile aux grèves bloquantes. Ou bien on va vers un effilochage », estime-t-il.

La prochaine date cochée sur l'agenda syndical est celle du 29 septembre. La Confédération européenne des syndicats attend 100 000 manifestants à Bruxelles pour dire « non » à l'austérité.