Retraites : le bras-de-fer

Publié le 23/09/2010
Entre un gouvernement inflexible sur les bornes d'âge des 62 et 67 ans, et une intersyndicale toujours mobilisée, c'est l'affrontement aujourd'hui. Le texte sera examiné bientôt par le Sénat.
Retraites : le bras-de-fer
Retraites : le bras-de-fer
Entre un gouvernement inflexible sur les bornes d'âge des 62 et 67 ans, et une intersyndicale toujours mobilisée, c'est l'affrontement aujourd'hui. Le texte sera examiné bientôt par le Sénat.

L'Est Républicain, Jeudi le 23 Septembre 2010 / Ouverture France-Monde

 

 

Cèdera ? Cèdera pas ? A quelques heures du rendez-vous de la rue, cet après-midi, le face à face entre le gouvernement et les syndicats a clairement tourné au bras-de-fer frontal. Au coeur des enjeux : le degré d'importance des manifestations. Si l'intersyndicale, rassemblée à la quasi-unanimité - avec quelques nuances dans le discours de FO, la plus radicale à réclamer un retrait pur et simple du projet de loi - espère atteindre la même mobilisation que pour le rassemblement du 7 septembre (environ 2,5 milions de participants, 1,2 selon les statistiques officielles, 2,7 selon la CGT), l'objectif paraît ambitieux. Pour plusieurs raisons, sur lesquelles mise le gouvernement, afin de pouvoir interpréter les chiffres comme un «essouflement», et enfoncer le clou. D'abord, le coût financier d'une deuxième journée de grève dans le même mois pour les salariés. Ensuite, le délai rapproché qui n'a peut-être pas laissé aux organisations syndicales le recul nécessaire pour préparer le rendez-vous. Enfin, l'éventuel sentiment de lassitude chez l'opinion publique après le vote de la réforme chez les députés.

Quel « après 23 septembre « ?

«Il ne faut pas laisser le sentiment du ''à quoi bon ?'' gagner du terrain « résume Jean-Marc Canon, de la CGT fonction publique. Dans le même temps, François Chérèque (CFDT) considère que l'opinion publique s'est progressivement, mais de manière massive, rangée du côté des opposants à la réforme sous sa forme actuelle, avec un report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans et de 65 à 67 ans pour un départ à taux plein, les deux «bornes d'âge» image la CFDT. Dispositions sur lesquelles l'Etat s'est montré toujours inflexible, le très controversé Eric Woerth rappelant qu'elles ne « peuvent être modifiées sauf à renoncer à payer les futures retraites «. Reste qu'à moins de quinze jours de l'examen du texte par le Sénat, les syndicats, qui ont choisi d'enchaîner rapidement les étapes de l'affrontement pour coller au calendrier législatif, escomptent encore quelques avancées significatives, en tentant de gérer avec doigté la mobilisation sans écorner le capital de sympathie qu'ils capitalisent. Quelques amendements à la marge (salariés handicapés, chômeurs proches de l'âge de la retraite, égalité des droits hommes-femmes) sont examinés à la loupe, dans la perspective de «l'après 23 septembre». En attendant de voir les regards tournés vers le Sénat, les centrales syndicales ont prévu de se réunir dès demain pour envisager la suite.

Antoine PETRY