Retraites : le bras de fer se durçit

Publié le 13/10/2010
La quatrième mobilisation contre les retraites, en un mois, a rassemblé entre 3,5 millions (CGT) et 1,2 million de manifestants (police) hier où les rangs ont été renforcés par les lycéens et les étudiants.
Retraites : le bras de fer se durçit
Retraites : le bras de fer se durçit
La quatrième mobilisation contre les retraites, en un mois, a rassemblé entre 3,5 millions (CGT) et 1,2 million de manifestants (police) hier où les rangs ont été renforcés par les lycéens et les étudiants.

 

La mobilisation contre la réforme des retraites, la quatrième en un mois, a atteint un record de participation hier avec l'entrée en scène des jeunes, tandis que des grèves appelées à se poursuivre touchaient des secteurs clés comme les raffineries.

La CGT de Bernard Thibault a revendiqué « des niveaux de participation inégalés ». « Ce n'est pas un baroud d'honneur, la mobilisation monte d'un cran », selon le président de la CFTC, Jacques Voisin.

CGT et CFDT ont avancé le chiffre de 3,5 millions de manifestants, tandis que le ministère de l'Intérieur a évalué l'affluence à 1,23 million, battant le record absolu de la manifestation « anti-crise » de mars 2009, qui avait rassemblé 3 millions de personnes selon les syndicats, et 1,2 million selon la police.

Fillon sans concessions

« Gouvernement et Parlement ont une lourde responsabilité : ils ne peuvent ignorer les manifestations », a mis en garde la CFDT de François Chérèque.

Le Premier ministre François Fillon a opposé une fin de non-recevoir : « nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme », a-t-il répété excluant de nouvelles «  concessions  » alors que le Sénat a déjà voté les deux mesures phare de la réforme : recul à 62 ans de l'âge légal, à 67 ans de l'âge de la retraite sans décote.

La numéro un du PS Martine Aubry a dénoncé l''entêtement » du gouvernement « qui ne mène nulle part, sauf à des risques d'affrontement », appelant l'exécutif à « faire preuve de responsabilité ».

Des milliers de lycéens et étudiants ont rejoint bruyamment les cortèges à Paris comme en province. « Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue », scandaient à Toulouse des centaines de jeunes. 357 lycées (sur 4 302 en France), ont été touchés, voire bloqués par la contestation, selon le ministère de l'Education.

La présence des jeunes -- qui ravive le souvenir de la mobilisation de 2006 contre le CPE- inquiète le gouvernement. François Fillon.

A Paris, les deux cortèges parisiens -- entre Montparnasse et La Bastille -- ont vu défiler quelque 330 000 manifestant selon l'intersyndicale, 89 000 selon la police. Un record là aussi.

La grève a été forte dans deux secteurs stratégiques : la SNCF et le pétrole. Onze des douze raffineries en métropole étaient touchées par des grèves, parfois partielles.

Même la tour Eiffel n'a pas été épargnée et a dû fermer à cause de la grève d'une partie du personnel.