Retraites : le coup d'envoi

Publié le 12/04/2010
Les discussions sur les retraites démarrent aujourd'hui avec le défilé des partenaires sociaux au ministère du Travail.
Retraites : le coup d'envoi
Retraites : le coup d'envoi
Les discussions sur les retraites démarrent aujourd'hui avec le défilé des partenaires sociaux au ministère du Travail.

Lundi 12 Avril 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

Alors que l'Elysée vient d'évoquer en fin de semaine la possibilité de créer un « prélèvement spécifique sur une catégorie de population » pour financer les retraites, le nouveau ministre du Travail, Eric Woerth, ne devrait pas dévoiler les projets gouvernementaux lors de la succession d'entretiens bilatéraux qui commence aujourd'hui.
La suggestion de l'Elysée, encore floue, intervient en pleine polémique sur le bouclier fiscal, alors que des syndicats reprochent au gouvernement de focaliser les débats sur les efforts à demander aux salariés, notamment sur l'âge légal de la retraite.
Toucher à ce dernier paramètre, comme le demande le Medef, est la mesure la plus avantageuse financièrement, du moins à court terme. Les syndicats estiment qu'elle exclurait encore plus du marché du travail les seniors, dont une minorité travaillent encore au moment de liquider leur pension.

A part la CFE-CGC, les syndicats ont fait des 60 ans un symbole à ne pas toucher.


La CFDT tient également au maintien des 60 ans comme âge légal, mais pourrait accepter en revanche un nouvel allongement de la durée de cotisation. Plus largement, les syndicats veulent en priorité régler la question de l'emploi, pour rétablir les recettes de la Sécurité sociale. Trouver des nouvelles ressources pour les retraites en taxant des revenus échappant aux cotisations sociales leur semble aussi indispensable, tout comme la prise en compte pour la retraite de la pénibilité de certains métiers.

Un texte en septembre


De son côté, le gouvernement n'a prévu de dévoiler son projet que « fin mai, début juin », pour déposer un texte au Parlement en septembre. Mais il n'a pas caché qu'il voulait trouver le moyen de faire « travailler plus longtemps » les Français, alors que l'espérance de vie est en constante progression. Cela pourra passer par un nouvel allongement de la durée de cotisation et/ou par un recul de l'âge légal minimal pour partir.
Sur la question des retraites dans la Fonction publique, souvent présentées comme plus avantageuses que dans le privé, le gouvernement s'est montré prudent ces dernières semaines. Après les réunions bilatérales de ce lundi, une journée spécifique de concertation est prévue sur ce thème un peu plus tard.
Mercredi, le Conseil d'orientation des retraites (COR) va fournir au débat sa toile de fond, en livrant les nouvelles projections financières pour l'ensemble du système de retraites pour les prochaines décennies. Ce conseil est composé d'experts, de partenaires sociaux, de parlementaires et de représentants de l'Etat.
Hier, un sondage Harris pour RTL a révélé que 80% des Français jugent nécessaire de réformer le système de retraites, mais que 56% ne sont pas prêts à cotiser plus longtemps. Ils ont dit • Vincent Peillon, député européen (PS) : « Il y a deux choses qu'on ne peut pas faire : remettre en cause la retraite à 60 ans et, pire encore, allonger la durée de cotisations. Les Français se sont déjà faits avoir en 2007 sur ''travailler plus pour gagner plus'' ». • Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique : « Harmoniser les retraites des fonctionnaires et celles du privé est un sujet qu'on ne peut pas enlever de la discussion globale, c'est une évidence, mais on ne peut pas pour autant en faire un préalable ». • Pierre Moscovici, député socialiste du Doubs : « C'est un carcan que le gouvernement veut imposer sur les retraites. Si c'est comme ça qu'il mène les discussions, il va au devant de très sévères désillusions, parce que ce seront toujours les mêmes qui payent, et ils payent sans raison ». • Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry : « Le rôle de la gauche n'est pas de refuser l'allongement de la durée de vie au travail mais de le rendre possible, acceptable et équitable ».