Retraites :le levier de l'âge

Publié le 17/05/2010
Les Français devront travailler plus longtemps pour toucher leur retraite, a indiqué hier le gouvernement dans un document d'orientation.
Retraites :le levier de l'âge
Retraites :le levier de l'âge
Les Français devront travailler plus longtemps pour toucher leur retraite, a indiqué hier le gouvernement dans un document d'orientation.

Le Républicain Lorrain, Lundi le 17 Mai 2010 / IG /
 

« Toucher à l'âge légal de départ à la retraite, c'est niet, et la durée de cotisation également », a déclaré hier Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Photo Karim SIARI

Le gouvernement lève un petit coin de voile sur ses intentions concernant les retraites, mais sans en dire beaucoup. Le «document d'orientation» adressé hier soir aux partenaires sociaux confirme que la réforme augmentera la durée d'activité des salariés et mettra en place une «contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital», qui ne pourra pas être compensée par le bouclier fiscal. «Le gouvernement veut pénaliser les salariés sur leur durée du travail et faire à côté quelques recettes de poche», a réagi le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly. Pour lui, le financement doit venir d'une «réforme fiscale». «Ce qui est demandé aux salariés, ce sont de nouveaux sacrifices par un report de l'âge de départ à la retraite», a regretté hier la CGT. La CFDT a, elle, trouvé «énormément de flou» dans le document d'orientation.

Celui-ci ne fait que reprendre les divers principes énoncés depuis un mois par le ministre du Travail Eric Woerth et, concernant les hauts revenus et les revenus du capital, les engagements pris par Nicolas Sarkozy lors du sommet social du 10 mai. «Apporter une réponse démographique au déséquilibre des régimes de retraite signifie que le gouvernement jouera sur les leviers permettant d'accroître le nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités. Ceci suppose d'augmenter la durée d'activité, c'est-à-dire le temps passé au travail par rapport au temps passé à la retraite», écrit le gouvernement dans ce document de 17 pages.

« Ponctions » exclues

Il retient deux pistes sans donner sa préférence: l'allongement de la durée de cotisation ou le recul de l'âge légal de départ fixé actuellement à 60 ans. Il écarte en revanche tout nouveau mécanisme de décote ou surcote pour inciter les salariés à liquider leur retraite plus tard sans toucher à l'âge légal. Le gouvernement assure par ailleurs que cette hausse de la durée d'activité sera étalée «sur plusieurs années».

Sur la question des financements, le gouvernement confirme également qu'il n'y aura ni baisse des pensions, ni hausse générale des impôts, ni augmentation des cotisations sociales. La hausse des cotisations patronales «serait particulièrement préjudiciable à l'emploi. On peut ainsi estimer qu'un point de cotisation sociale patronale représenterait, au minimum, une destruction de 50 000 emplois», argumente le gouvernement. Quant à la hausse des cotisations salariales, elle entraînerait «une forte réduction du pouvoir d'achat des salariés: une augmentation de près de 4 points des cotisations sociales salariales représenterait ainsi, pour un salarié rémunéré au salaire moyen français (2 661 euros brut), une ponction sur son niveau de vie de 1 272 euros par an dès 2010», estime le gouvernement.