Retraites : le Medef reste ferme sur les prix

Publié le 02/09/2010
Allongement de cotisations, pénibilité, salaires : lors de l'ouverture de l'université d'été du Medef, hier à Jouy-en-Josas, Laurence Parisot a réaffirmé son credo, prête à débattre, mais sans rien lâcher sur le fond.
Retraites : le Medef reste ferme sur les prix
Retraites : le Medef reste ferme sur les prix
Allongement de cotisations, pénibilité, salaires : lors de l'ouverture de l'université d'été du Medef, hier à Jouy-en-Josas, Laurence Parisot a réaffirmé son credo, prête à débattre, mais sans rien lâcher sur le fond.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 02 Septembre 2010 / IG /
 

 

 

Logique avec elle-même, Parisot va jusqu'à pronostiquer une forte mobilisation dans la rue le 7 septembre. Photo REUTERS

L'étrangeté du monde : mode d'emploi ». Le thème de cette université d'été du Medef, Laurence Parisot y décèle un double clin d'oeil à Freud et à Pérec.
De notre envoyé spécial Xavier BROUET

Réélue cet été pour trois ans à la tête de l'organisation patronale, l'intéressée souhaite amplifier l'impact d'une manifestation créée en 1999 par Ernest Antoine-Seillière et dont elle affirme qu'elle a su s'imposer en Europe comme « le Davos français ».

Placé sous le signe de l'international, le rendez-vous de Jouy-en-Josas a accueilli, hier sur le campus HEC, les délégations des Medef territoriaux et des fédérations professionnelles. Soit trois jours de débats alimentés par la participation de ministres - Christine Lagarde, Eric Woerth, Roselyne Bachelot -, de pointures politiques - de la majorité (Gérard Longuet) et de l'opposition (Laurent Fabius, Hubert Védrine) -, de représentants de la société civile « du village global » et de la planète économique.

Indice d'une rentrée sociale sous tension, les grandes centrales syndicales ont décliné l'invitation. Mais une première passe d'armes a opposé, par voie de presse, François Chérèque à Laurence Parisot. La seconde opposant un refus catégorique à la revendication émise par le secrétaire général de la CFDT de limiter à 65 ans l'âge de départ pour une retraite à taux plein. « Cette mesure, qui pénalise les femmes et les ouvriers, ne passe absolument pas dans l'opinion », justifie le cédétiste. Objection de Parisot, qui plaide prioritairement pour un assainissement des finances publiques : « Il est fondamental de rester sur les principes structurants de la réforme et de passer à un âge légal de 62 ans avec, comme deuxième borne d'âge, 67 ans ». Autre sujet de friction entre patronat et syndicats, Laurence Parisot réitère son opposition au traitement de la pénibilité par la voie des branches professionnelles. « La pénibilité c'est l'exception, il faut l'appréhender au cas par cas, de façon individuelle et non pas collectivement, au risque de stigmatiser tel ou tel métier. » Pour elle, une telle démarche « serait ni plus ni moins revenir au système des préretraites ».

Enfin, la présidente du Medef se montre peu encline aux hausses salariales dans les entreprises. Elle juge que les mesures opérées en Allemagne ne sont pas en l'état applicables en France : « La modération stricte que l'Allemagne s'est imposée explique que des ajustements soient nécessaires », tranche-t-elle. Logique avec elle-même, Parisot va jusqu'à pronostiquer une forte mobilisation dans la rue le 7 septembre, estimant qu'« on peut comprendre l'inquiétude des Français » : « trois ans de crise, c'est difficile, inquiétant, stressant et le report de l'âge légal de la retraite est un changement assez fondamental » convient-elle. Mais elle met en garde contre des manifestations, qui, en renforçant l'inquiétude des Français, seraient susceptibles de créer « un cercle vicieux ». Compromettant le train des réformes.

X. B.