Retraites : le projet de réforme doit être voté aujourd'hui à l'Assemblée, après le Sénat hier

Publié le 27/10/2010
La mobilisation s'essouffle
Retraites : le projet de réforme doit être voté aujourd'hui à l'Assemblée, après le Sénat hier
Retraites : le projet de réforme doit être voté aujourd'hui à l'Assemblée, après le Sénat hier
La mobilisation s'essouffle

L'Est Républicain, Mercredi le 27 Octobre 2010 / Ouverture France-Monde

 

François Chérèque. Photo Alexandre MARCHI

La réforme des retraites est entrée hier dans la dernière ligne droite de son parcours législatif, avec son adoption solennelle au Sénat avant le vote définitif aujourd'hui à l'Assemblée nationale, face à une gauche qui ne désarme pas malgré l'essoufflement de la mobilisation sociale. Le mouvement de grèves a accusé un reflux certain : baisse des grévistes à la SNCF - entre 5,4 % et 12,3 % selon les sources -, retour au travail des éboueurs à Marseille, Pau et Agen et amorce de reprise dans cinq des douze raffineries du pays selon Brice Hortefeux.

Toutefois, les étudiants sont appelés à nouveau à manifester partout en France alors que les lycéens ont déserté les cortèges pour cause de vacances scolaires.

Mais le mouvement a du mal à prendre : dans la matinée, on dénombrait, selon les sources, entre 4 et 7 universités bloquées ou perturbées, sur 83 au total. En province, la mobilisation s'est souvent résumée à des actions symboliques.

Aujourd'hui, l'Assemblée nationale devrait sans aucun doute mettre un point final au marathon législatif. Pour autant, la réforme ne sera pas encore loi. Les chefs de file des parlementaires socialistes ont en effet annoncé la saisine du Conseil constitutionnel en forme de baroud d'honneur.

Il faudra donc encore attendre la mi-novembre, selon les calculs de Raymond Soubie, conseiller social du président Nicolas Sarkozy, pour que la loi puisse être promulguée.

Mais la tonalité générale des déclarations, de l'opposition comme du gouvernement, donnait hier l'impression qu'une page se tournait.

« C'est une victoire à la Pyrrhus », a fait valoir la socialiste Elisabeth Guigou. « Je sens une rancune très forte dans le pays, violente dans l'expression verbale, je sens une colère, et celle-là, elle demeurera », a prévenu son collègue François Hollande.

« Aucun des problèmes n'est réglé, la réforme est rejetée par une majorité de Français », et « le problème, quoi qu'en dise le gouvernement, est devant nous », a renchéri Pierre Laurent (PCF).

Christine Lagarde (Economie) a parlé d'un « tournant » dans le conflit, tandis qu'Eric Woerth estimait que « ça ne sert à rien aujourd'hui de faire grève contre les retraites ».

Lundi soir, dans l'optique d'une « sortie de crise », le leader de la CFDT, François Chérèque, a proposé « une négociation sur l'emploi des jeunes et ses seniors ». Une suggestion saluée hier par Christine Lagarde et Eric Woerth, et reprise en fin de matinée par François Fillon.