Retraites : le sujet qui fait mal

Publié le 16/01/2010
Sarkozy donne rendez-vous le 15 février aux partenaires sociaux, pour fixer le calendrier des négociations.
Retraites : le sujet qui fait mal
Retraites : le sujet qui fait mal
Sarkozy donne rendez-vous le 15 février aux partenaires sociaux, pour fixer le calendrier des négociations.

Samedi 16 Janvier 2010, © L'Est Républicain / FRANCE

Nicolas Sarkozy face aux partenaires sociaux.

Prudence. A deux mois des élections régionales et à cinq d'un congrès décisif de la CFDT qui avait signé la dernière réforme des retraites, Nicolas Sarkozy a rappelé hier ses objectifs pour 2010 en présentant ses vœux aux partenaires sociaux dont il a loué « le sens des responsabilités ». Mais il s'est bien gardé de les prendre de front en leur annonçant ses solutions, notamment sur le nouveau volet de la réforme des retraites qu'il veut faire passer dans l'année. Il s'est contenté d'observer que « cela fait 50 ans que nous gagnons un trimestre d'espérance de vie par an. Ce progrès nous impose de prendre des décisions ». Et leur a fixé rendez-vous dans un mois, le 15 février pour débattre avec eux de l'agenda social des prochains mois où figurent trois priorités.

Le retour du chômage

Première d'entre elles, l'emploi qui s'est brutalement réinvité avec la crise. Alors que le chômage est encore attendu en hausse sur une bonne partie de l'année après avoir déjà grimpé de 600.000 demandeurs d'emplois en 18 mois, le président l'a remis en tête de ses préoccupations. Il pourrait travailler à une nouvelle série de mesures qui compléteraient celles prises dans l'urgence en février l'an dernier (allongement de la durée de financement du chômage technique, etc...).
Quant à la délicate question des retraites qui a déjà mis tous les syndicats en alerte sur l'allongement de la durée travail voire sur le report au-delà des 60 ans actuels de l'âge légal de départ, elle pourrait n'être abordée qu'à l'été, pour ne pas se mettre à dos d'ici là la CFDT en pleine agitation d'avant-congrès. Pour calmer les esprits, le président veut « naturellement » lier ce dossier à celui de la pénibilité au travail, pour que les professions les plus exposées soient moins concernées par l'allongement prévisible du temps de cotisation ouvrant droit à la retraite à taux plein.

La main au portefeuille

Troisième sujet à aborder, le « cinquième risque » évoqué durant la campagne présidentielle mais pas encore traité : la dépendance des personnes âgées, sujet auquel répondre sur les plans « médical, organisationnel, financier, humain », détaille-t-il.
Autant de thèmes qui créent un « problème immense » à « notre protection sociale », et qui posent un « défi d'autant plus grand que la crise met à mal nos finances sociales », observe le président. Comme pour prévenir qu'il faudra bien cette fois encore mettre la main au portefeuille

Jean-Louis DENES