Retraites : les partenaires sociaux dans le vif du sujet

Publié le 12/04/2010
Le ministre du Travail entame aujourd'hui ses consultations avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites, en vue de la préparation d'un texte gouvernemental annoncé au Parlement pour septembre.
Retraites : les partenaires sociaux dans le vif du sujet
Retraites : les partenaires sociaux dans le vif du sujet
Le ministre du Travail entame aujourd'hui ses consultations avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites, en vue de la préparation d'un texte gouvernemental annoncé au Parlement pour septembre.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 12 Avril 2010 / IG /
 

 

Quelque 80 % des Français jugent « nécessaire » de réformer le système de retraites français, mais 56 % d'entre eux ne sont pas prêts à cotiser plus longtemps que ce qui est prévu actuellement, selon un sondage diffusé hier. Photo Maury GOLINI

La concertation sur les retraites démarre aujourd'hui avec le défilé des partenaires sociaux au ministère du Travail, un rendez-vous formel qui sera surtout l'occasion pour les syndicats et le patronat d'affirmer leurs positions. Alors que l'Elysée a évoqué en fin de semaine la possibilité de créer un « prélèvement spécifique sur une catégorie de population » pour financer les retraites, le ministre du Travail, Eric Woerth ne devrait pas dévoiler les projets gouvernementaux lors de ces entretiens bilatéraux.
LE FAIT DU JOUR

La suggestion de l'Elysée intervient en pleine polémique sur le bouclier fiscal, les syndicats reprochant au gouvernement de focaliser les débats sur les efforts à demander aux salariés. Sur ce thème, le JDD a émis l'hypothèse hier de la création d'une CRDS additionnelle exclue du bouclier pour financer les retraites, les plus hauts revenus étant alors amenés à la payer comme les autres.

A court terme, le report de l'âge légal de départ, comme le demande le Medef, serait la mesure la plus avantageuse financièrement. Mais les syndicats estiment qu'elle exclurait encore plus du marché du travail les seniors. A part la CFE-CGC, les syndicats ont fait des 60 ans un symbole à ne pas toucher, y compris la CFDT qui pourrait accepter en revanche un nouvel allongement de la durée de cotisation. Ils sont en phase avec l'opinion. Selon une étude RTL-Harris Interactive diffusée hier, 80 % des Français jugent « nécessaire » de réformer le système, mais une majorité (56 %) ne sont pas prêts à cotiser plus longtemps et 60 % pensent qu'il ne faut pas reculer l'âge de départ. Plus largement, les syndicats veulent en priorité régler la question de l'emploi, pour rétablir les recettes de la Sécurité sociale. Trouver de nouvelles ressources pour les retraites en taxant des revenus échappant aux cotisations sociales leur semble aussi indispensable, tout comme la prise en compte pour la retraite de la pénibilité de certains métiers.

Projections reportées

De son côté, le gouvernement n'a prévu de dévoiler son projet que « fin mai, début juin », pour déposer un texte au Parlement en septembre. Il n'a pas caché qu'il voulait trouver le moyen de faire « travailler plus longtemps » les Français, face à une espérance de vie en constante progression. Cela pourra passer par un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein (au-delà des 41 ans prévus d'ici 2012) et/ou par un recul de l'âge légal minimal de départ de 60 ans. François Fillon a par ailleurs indiqué qu'une hausse des cotisations retraites, compensée par une baisse des cotisations chômage, était envisageable.

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) doit fournir au débat sa toile de fond, mercredi en livrant les nouvelles projections financières pour l'ensemble du système de retraites sur les prochaines décennies. Mais la publication des différents scénarios complémentaires pourrait être repoussée à mai, a indiqué hier Laurence Parisot (Medef). Au-delà des partenaires sociaux, les politiques se mobilisent sur ce sujet sensible. Le député PS du Doubs Pierre Moscovici a préconisé hier « une remise à plat » du système. Le ministre du Travail Eric Woerth a indiqué qu'il allait écrire aux partis pour les consulter.