Retraites : les problèmes d'emploi et de salaires désormais au coeur des revendications

Publié le 24/11/2010
Une faible mobilisation
Retraites : les problèmes d'emploi et de salaires désormais au coeur des revendications
Retraites : les problèmes d'emploi et de salaires désormais au coeur des revendications
Une faible mobilisation

L'Est Républicain, Mercredi le 24 Novembre 2010 / France-Monde

 

De 350 à 400 manifestants . À Nancy, une baisse sensible comme sur l'ensemble du territoire . Photo Denis MOUSTY

SELON LE MINISTÈRE de l'Intérieur, 27.000 personnes ont manifesté à la mi-journée sur l'ensemble du territoire : les syndicats, en organisant hier rassemblements et manifestations, plus modestes que les grandes mobilisations d'il y a un mois, ont cependant signifié au gouvernement qu'ils ne passaient pas par pertes et profits la réforme des retraites, promulguée le 10 novembre.

Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa entendaient donc montrer que «la page retraites n'est pas tournée», notamment avec le début jeudi des négociations syndicats-patronat sur les retraites complémentaires.

Renault : départs anticipés pour pénibilité

La preuve en est, le même jour, Renault annonçait avoir proposé aux syndicats un dispositif de départ anticipé à la retraite au titre de la pénibilité, dont pourraient bénéficier sur trois ans 3.000 salariés dits «âgés».

À Paris, le numéro un de la CGT Bernard Thibault, pour qui Nicolas Sarkozy «se fout» de l'opinion des syndicalistes, est venu redire que l'heure n'était pas au renoncement. «Nous gardons comme objectif d'empêcher la mise en oeuvre concrète» de la loi sur les retraites à compter du 1er juillet 2011, a-t-il déclaré, faisant «le pari qu'on aura l'occasion, dans les semaines et les mois à venir, d'entendre de nouveau parler des retraites». À l'inverse, Raymond Soubie, qui vient de quitter son poste de conseiller social du président Nicolas Sarkozy, a qualifié cette initiative de «combat d'arrière-garde».

Mouvements modestes à Paris comme en province

Avec cette journée d'action, les syndicats voulaient aussi remettre au centre du débat les questions d'emploi, de salaires et des conditions de travail.

Les syndicats FO, CFTC et CFE-CGC se sont tenus à l'écart, jugeant que les manifestations sur les retraites n'étaient plus de saison.

L'intersyndicale va continuer à se réunir - prochaine rencontre le 29 novembre - pour actualiser la plate-forme revendicative commune de janvier 2009.

À Paris, entre 9 et 10.000 manifestants selon la CGT - 3.200 selon la police,- ont défilé de la place de l'Opéra à celle de la Bourse. De toutes les manifestations contre les retraites, le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine s'était encore mobilisé, déployant ses banderoles comme «Elle est bientôt finie, cette nuit du Fouquet's ?».

Partout, on était loin des manifestations de masse à répétition en septembre-octobre. «C'est vrai qu'il n'y a pas grand-monde. Mais ce n'est pas parce que la loi est passée que c'est fini. Et puis, il n'y a pas que la retraite» comme motif de récrimination, expliquait Eric, ex-militant syndical au SGEN-CFDT.

Le leader de la CFDT François Chérèque était absent, mettant en avant le caractère «régional» du rassemblement parisien.

Venue sur place, son homologue de la FSU Bernadette Groison a demandé à nouveau «l'abrogation» de la loi sur les retraites.

Plusieurs personnalités de gauche s'étaient jointes au cortège, telles que Benoît Hamon (PS), Pierre Laurent et Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG).

En province, les rassemblements ont souvent ciblé les préfectures, les sièges locaux du Medef et les permanences UMP, avec des affluences très variables: entre 3.200 et 7.000 à Lyon, de 2 à 2.300 à Caen, de 1.500 à 6.000 à Bordeaux, entre 2.500 et 10.000 à Toulouse. Ils n'étaient que quelques centaines à Marseille, et 250 à Lille autour «d'un pique-nique citoyen».