Retraites : les syndicats durcissent le mouvement

Publié le 07/10/2010
A la SNCF, tous les syndicats sont sur la ligne d'un mouvement reconductible pour la première fois depuis la réforme des régimes spéciaux de retraite fin 2007.
Retraites : les syndicats durcissent le mouvement
Retraites : les syndicats durcissent le mouvement
A la SNCF, tous les syndicats sont sur la ligne d'un mouvement reconductible pour la première fois depuis la réforme des régimes spéciaux de retraite fin 2007.

 

 

Photo AFP

Alors que le débat sur la réforme des retraites se poursuit au Sénat, de nouveaux préavis de grève reconductible ont été annoncés à la SNCF, à la RATP, dans les secteurs de la chimie et de l'énergie.

L'ensemble des syndicats de cheminots ont annoncé des préavis de grève reconductible à partir du 12 octobre pour la défense des retraites, après ceux déjà déposés à la RATP, marquant le durcissement de la mobilisation annoncé par les syndicats face à la détermination du gouvernement. Les perturbations dans les transports pourraient ainsi se prolonger au-delà de la journée de grèves et de manifestations de mardi prochain, organisée par les centrales syndicales.

A la SNCF, tous les syndicats sont sur la ligne d'un mouvement reconductible pour la première fois depuis la réforme des régimes spéciaux de retraite fin 2007. Cette réforme étant mise en oeuvre jusqu'en 2016, les cheminots ne seront concernés par l'actuel projet sur les retraites qu'à partir de 2017. Les quatre principaux syndicats de la SNCF (CGT, Unsa, Sud-Rail, CFDT/Fgaac) ont indiqué hier, au deuxième jour de l'examen du texte au Sénat, qu'ils déposaient un préavis reconductible à partir du 12 octobre 0h00. Les cheminots en assemblées générales le 13 au matin décideront de poursuivre ou non le mouvement « dans un cadre interprofessionnel et unitaire le plus large possible », selon la CGT-cheminots.

Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, qui avait été le moteur des grandes grèves de 1995 sur les retraites, insiste pour que les formes d'action choisies « reposent sur des décisions collectives ».

Pas les routiers

Le gouvernement avait relativisé par avance l'appel à la SNCF, en estimant que « quand il y a des difficultés sociales », des secteurs comme les transports « ont tendance à davantage se mobiliser », et en soulignant les effets bénéfiques du service minimum. Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a lui fustigé les mouvements reconductibles, dont la France en « sortie de crise » n'a « certainement pas besoin ».

Selon la CGT-cheminots, « il va falloir donner une autre dimension au mouvement ». Pour la Fgaac, « les grèves 'carrées' (d'une journée, ndlr), les manifestations, on les a faites, nous sommes dans l'obligation de durcir » la mobilisation. FO, CFTC et CFE/CGC, minoritaires à la SNCF, ont déjà déposé un préavis reconductible à compter du 12. Sud avait déjà appelé à la reconduction le 23 septembre, dernière journée interprofessionnelle, mais avait été peu suivi.

La décision des syndicats a été délicate alors que les cheminots ont multiplié les arrêts de travail depuis début 2010, notamment durant deux semaines en avril. La CGT a poussé pour un mouvement reconductible après consultation de sa base et après le constat que d'autres secteurs suivaient.

Face à la détermination du gouvernement, qui semble parier sur l'essoufflement du mouvement et reste inflexible sur le recul de 60 à 62 ans pour l'âge minimum de départ et de 65 à 67 ans pour la retraite à taux plein, les initiatives en faveur de grèves reconductibles se sont multipliées.

A la RATP, CGT, FO, Sud et CFDT se sont engagés dans un préavis illimité à partir du 12. La plupart des fédérations de routiers ont appelé hier à une simple grève de 24 heures mardi. Dans d'autres activités stratégiques, la CGT-énergie et la CGT-chimie ont annoncé soutenir les mouvements illimités à partir du 12.