Retraites : les syndicats mettent la pression

Publié le 15/02/2010
Les partenaires sociaux se retrouvent aujourd'hui à l'Élysée pour un sommet social très attendu. Les syndicats ont fait monter la pression, mettant en garde contre toute « précipitation » dans la réforme des retraites.
Retraites : les syndicats mettent la pression
Retraites : les syndicats mettent la pression
Les partenaires sociaux se retrouvent aujourd'hui à l'Élysée pour un sommet social très attendu. Les syndicats ont fait monter la pression, mettant en garde contre toute « précipitation » dans la réforme des retraites.

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 15 Février 2010 / IG /

 

 

Nicolas Sarkozy et son conseiller social Raymond Soubie tenteront aujourd'hui d'apporter des réponses aux partenaires sociaux sur plusieurs dossiers importants. Photo AFP

La réforme des retraites et l'épineuse question de l'âge de départ, l'emploi et le pouvoir d'achat seront à l'ordre du jour aujourd'hui lors d'un sommet social réunissant à l'Élysée le président Sarkozy et l'ensemble des organisations syndicales.
LE FAIT DU JOUR

« La réunion ne portera pas sur le fond, mais sur le calendrier et la méthode seulement », souligne-t-on à l'Élysée. Le son de cloche est différent du côté des syndicats. C'est sur les retraites que se focalisera l'attention, tant la tension a monté après des « fuites » sur la volonté prêtée au chef de l'Etat de boucler la réforme par une loi au parlement dès juillet. Six organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) ont averti qu'elles refuseraient une « mascarade de concertation ».

« Sur le calendrier, le président n'a pas de religion » et « il faudra laisser du temps à la négociation », indique-t-on à l'Élysée, en ajoutant : « tout le monde connaît par coeur les solutions ». Les déclarations gouvernementales privilégient deux pistes : le recul de l'âge légal de départ en retraite ou/et l'allongement de la durée d'activité. Or près de six Français sur dix se prononcent contre la première et plus d'un sur deux contre la seconde, selon un sondage Ifop paru hier. Laurence Parisot (Medef) a redit ce week-end qu'il fallait « changer l'âge légal de départ à la retraite ».

Jean-Claude Mailly (FO), a montré son opposition. « Jamais nous ne transigerons sur l'âge légal de départ en retraite et sur l'allongement de la durée de cotisation. Nous n'hésiterons pas à aller à l'affrontement sur ces deux questions. » Idem pour le leader de la CGT, Bernard Thibault (lire ci-dessous). Une mobilisation est même envisagée.

Du côté de la gauche, Martine Aubry (PS) a déclaré hier qu'« il faudrait déjà que l'Etat respecte sa parole », notamment pour les emplois pénibles. Olivier Besancenot (NPA) a lancé un appel à l'union des leaders de gauche pour défendre la retraite à 60 ans, proposant une réunion avec eux « dès cette semaine ».

Emploi, pouvoir d'achat

Les syndicats se saisiront aussi de cette tribune pour aborder de front les questions de l'emploi, du pouvoir d'achat et, selon François Chérèque (CFDT), « le malaise grandissant » dans la fonction publique. Le nombre d'inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité), la plus fournie, a crû de quelque 450 000 en 2009 et doit continuer d'augmenter cette année, à un rythme ralenti (+87 000, selon Pôle emploi). Quant au pouvoir d'achat, il enregistre un coup de frein : la progression du salaire mensuel de base (SMB) a été limitée à 0,2 % au dernier trimestre 2009. Autre sujet délicat, l'aide aux chômeurs en fin de droits, qui atteindront un million cette année, dont 400 000 devraient se retrouver sans ressource. Aucun accord n'a pu se dégager d'une réunion patronat-syndicats vendredi. Ces derniers en sont sortis très mécontents, la CFTC soupçonnant le Medef d'avoir joué la montre pour permettre au chef de l'Etat de « faire de la com ».

A l'Élysée, il sera aussi question de sortir de l'enlisement deux thèmes sur lesquels les acteurs sociaux n'ont guère avancé ces derniers mois : le partage des profits dans les sociétés et les modes de représentation des salariés dans les très petites entreprises.