Retraites : les syndicats ne désarment pas

Publié le 17/10/2010
La mobilisation contre la réforme des retraites en France s'est maintenue hier dans la rue à un niveau permettant à l'opposition et aux syndicats de renouveler leur appel à une marche arrière du gouvernement.
Retraites : les syndicats ne désarment pas
Retraites : les syndicats ne désarment pas
La mobilisation contre la réforme des retraites en France s'est maintenue hier dans la rue à un niveau permettant à l'opposition et aux syndicats de renouveler leur appel à une marche arrière du gouvernement.

© Vosges Matin, Dimanche le 17 Octobre 2010 / France / PARIS

Cette cinquième journée de mobilisation depuis la rentrée était, selon les syndicats, sensiblement du niveau des précédents défilés organisés samedi 2 octobre.  Des manifestations très importantes, mais moins suivies que le 12 octobre, ont eu lieu partout en France hier contre la réforme des retraites, sur fond de durcissement du conflit et de pénurie naissante de carburants (lire ci-contre).

La traditionnelle polémique sur le nombre de participants n'a pas fait défaut pour cette cinquième journée de mobilisation depuis la rentrée, à quatre jours de l'adoption du texte par le Sénat. Le ministère de l'Intérieur a décompté 825 000 manifestants, « plus bas niveau » depuis le début du mouvement contre les retraites, les 7 septembre, tandis que la CGT en a annoncé près de 3 millions.

A Paris, le syndicat a relevé 310 000 manifestants, autant que le 2 octobre, précédente journée organisée un samedi, et la préfecture 50 000, soit 13 000 de moins. Très forte divergence aussi pour Marseille (16 400 d'un côté, 180 000 de l'autre) ou Bordeaux (13 500, 130 000).

Le ministre du Travail Eric Woerth a relevé que malgré « une baisse significative », il y « a encore beaucoup de manifestants. » Le gouvernement « est très attentif au message délivré » par les manifestants mais il « poursuit son projet », a renchéri son homologue chargé des relations avec le Parlement Henri de Raincourt.

Pas de lassitude

Les syndicats considèrent cette journée comme un succès. « La lassitude n'existe pas dans la tête des gens, au contraire », a estimé le numéro un de la CFDT, François Chérèque. Son homologue de la CGT Bernard Thibault assure que le mouvement « s'élargit » : « On va aller aussi loin qu'il le faut et continuer aussi longtemps qu'il le faut. »

A en croire Jean-Claude Mailly (FO), « cela augure d'une mobilisation encore plus forte » pour la journée d'action de mardi prochain, veille du vote au Sénat.

La présence des lycéens dans les cortèges a été relativement discrète. Ils étaient 25 000 à Paris selon l'UNEF. Leur irruption dans le mouvement avait fait craindre la répétition des incidents des dernières 48 heures.

Aucun débordement notable n'a été signalé sauf à Paris où quelque 200 militants anarchistes ont brisé des vitrines. Une trentaine ont été interpellés. A Saint-Nazaire, les forces de l'ordre ont repoussé des jeunes manifestants avec des tirs de gaz lacrymogène.

La détermination à poursuivre le mouvement ne paraît pas faiblir chez les manifestants. « Il faut aller jusqu'au bout, rester ferme et continuer avec des modes d'action différents », affirmait à Bordeaux Daniel Daumières, 54 ans, animateur socio-culturel.

« S'ils repoussent comme ça l'âge de la retraite, ils vont nous enterrer vivants. Maintenant, c'est métro, boulot, caveau », maugréait à Toulouse Raoul Bourbon, 56 ans, licencié de Molex.

Si la grève reconductible n'a pas pris dans les transports, le transport routier pourrait être touché à partir de lundi par des arrêts de travail. « Je sens une impatience, les gars disent ''il faut y aller''», a déclaré Maxime Dumont, du syndicat CFDT, majoritaire.

Affirmant que le vote définitif au Parlement pourrait intervenir vers le 27 octobre, Jean-Claude Mailly disait vouloir continuer : « Ce n'est pas parce qu'une réforme est votée qu'elle s'applique. »