Retraites : les syndicats préparent la riposte

Publié le 18/06/2010
Les syndicats ont déjà les yeux tournés vers la journéede mobilisation du 24 juin
Retraites : les syndicats préparent la riposte
Retraites : les syndicats préparent la riposte
Les syndicats ont déjà les yeux tournés vers la journéede mobilisation du 24 juin

L'Est Républicain, Vendredi le 18 Juin 2010 / Ouverture France-Monde

 

 

Le gouvernement a lancé hier un dernier round de concertation express avec les partenaires sociaux pour finaliser son projet de réforme dévoilé la veille, avec une marge de manoeuvre réduite, Eric Woerth ayant formellement exclu de revenir sur le recul de l'âge légal.

Juste après la présentation de sa réforme, le ministre du Travail a prévenu que le gouvernement refuserait de toucher à sa mesure phare: le recul de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Le ministre a simplement laissé entendre que des négociations étaient possibles à la marge sur certains sujets moins emblématiques comme la pénibilité ou les « carrières longues ».

Il reçevra aujourd'hui les partenaires sociaux pour éventuellement amender le projet, avant que Nicolas Sarkozy ne rende ses derniers arbitrages, aujourd'hui étant la date butoir pour finaliser le texte si le gouvernement veut tenir les délais légaux pour un passage en Conseil des ministres le 13 juillet.

Les syndicats n'attendent pas grand-chose des ultimes concertations et ont déjà les yeux tournés vers la journée de mobilisation du 24 juin.

Une intersyndicale CGT-CFDT-Unsa-FSU-Solidaires, réunie hier après-midi, a d'ailleurs appelé une nouvelle fois à une participation massive, dénonçant un projet de réforme « inacceptable, injuste » et « brutal ». Elle espère mobiliser jeudi prochain davantage que lors de la journée d'action du 27 mai, où entre un million de personnes selon les syndicats et 395.000 selon la police avaient défilé.

Selon un sondage, un Français sur deux juge la réforme « injuste et inefficace » et 60% sont contre le recul à 62 ans.

Pour le leader de la CGT Bernard Thibault, « il faut une réaction à la hauteur de l'attaque », car il est « important que le gouvernement ait un signal clair de la réaction des salariés ».

François Chérèque, qui a lui accepté de rencontrer M. Woerth, ne se fait guère d'illusion : « Si le gouvernement ne suit pas, et je pense qu'ils ne vont pas beaucoup bouger, il faut qu'on soit dans la rue le 24 pour montrer notre mécontentement ».

Le gouvernement s'attend à une mobilisation « certainement forte » mais ne la redoute pas, a assuré M. Woerth.

« C'est tout le texte que l'on veut changer »

Premier syndicat reçu, la CFTC est ressortie déçue : « On venait sans illusion », a commenté à la sortie son président Jacques Voisin.

Pour leur part, la CGT et FO ont décidé de boycotter les nouvelles discussions au ministère. « Si c'est pour discuter des centièmes derrière la virgule, ce n'est pas la peine », a déclaré un porte-parole de FO.

« Le ministre a dit clairement qu'il ne reviendrait pas sur la philosophie du texte. Or nous, c'est tout le texte que l'on veut changer », a renchéri Eric Aubin (CGT).