Retraites : les syndicats unis face au « mépris »

Publié le 05/10/2010
Les syndicats, réunis hier en intersyndicale, ont confirmé l'organisation d'une journée de grèves et de manifestations le 12 octobre, en demandant aux salariés d'en faire « un rendez-vous déterminant » pour faire échouer la réforme gouvernementale des retraites.
Retraites : les syndicats unis face au « mépris »
Retraites : les syndicats unis face au « mépris »
Les syndicats, réunis hier en intersyndicale, ont confirmé l'organisation d'une journée de grèves et de manifestations le 12 octobre, en demandant aux salariés d'en faire « un rendez-vous déterminant » pour faire échouer la réforme gouvernementale des retraites.

 

Dans un texte signé par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, la FSU, Solidaires et l'Unsa (seule FO ne l'a pas paraphé mais a déclaré rester « dans l'unité d'action »), l'intersyndicale juge que « le gouvernement reste campé sur son intransigeance. Il préfère le mépris au dialogue, il commente les chiffres de manifestants plutôt que de répondre à leurs inquiétudes et exigences ». Une nouvelle réunion entre syndicats aura lieu dès vendredi 8 octobre, pour « décider des suites du 12 octobre », selon Nadine Prigent (CGT), alors qu'à la RATP, le syndicat CGT, le premier de l'entreprise publique, a déposé un préavis de grève illimité à compter du 12 octobre. Pour Prigent, « même avec un grand 12 octobre, massif, ça ne suffira pas ».

Vers des grèves

Pour Bernadette Groison, numéro un de la FSU, les grèves reconductibles, « ce n'est pas un sujet tabou ». Pour Solidaires, le leader de SUD-Rail Christian Mahieu a prôné « dès le 13 au matin, un mouvement de grève reconductible ». Numéro deux de la CFDT, Marcel Grignard a appelé à « déjouer tous les pièges que tend le gouvernement », qui « tente de jouer la radicalité ». Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, a lui aussi accusé le gouvernement de pousser à la « radicalisation » du mouvement contre la réforme.

Quant à FO, son secrétaire confédéral Pascal Pavageau a préconisé à nouveau « une journée de grève franche et interprofessionnelle de 24 heures ».

Face aux critiques de plus en plus nombreuses concernant l'injustice de la réforme pour les femmes, le gouvernement a défendu hier sa stratégie consistant à « agir sur les écarts de salaires » entre hommes et femmes. Le ministre du Travail Eric Woerth, les secrétaires d'Etat Nora Berra (Aînés), Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique), Nadine Morano (Famille) et Georges Tron (Fonction publique) expliquent que le gouvernement a prévu « un dispositif qui met les entreprises face à leurs responsabilités : celles qui n'élaboreront pas un plan d'action pour lutter contre les écarts de salaire seront pénalisées financièrement. Elles devront en outre publier les indicateurs montrant les évolutions qu'elles auront réalisées dans ce domaine ».