Retraites : objectif 2013

Publié le 19/11/2010
Réforme : le débat ne fait que commencer. Le conseil d'orientation réfléchit à la suite
Retraites : objectif 2013
Retraites : objectif 2013
Réforme : le débat ne fait que commencer. Le conseil d'orientation réfléchit à la suite

L'Est Républicain, Vendredi le 19 Novembre 2010 / France-Monde

 

Jean-Louis Malys met en avant l'injustice sociale de la réforme . Photo DR

La loi sur la réforme des retraites a été définitivement adoptée dans la nuit du 9 au 10 novembre. Le report de l'âge légal de départ est acté. Mais, déjà, de nouvelles discussions sur une réforme systémique sont prévues pour 2013.

Dans cette optique, le COR (conseil d'orientation des retraites) aura son rôle à jouer.

Cette cellule de réflexion pluraliste de 39 membres, qui vient de fêter ses 10 années d'existence, devra, de nouveau, mouliner les données disponibles et fournir aux politiques les moyens de prendre des décisions, sans doute douloureuses.

Son président, Raphaël Hadas-Lebel, se refuse à juger la réforme que vient de promulguer le gouvernement. Il se contente de marteler, une fois de plus, son diagnostic. Il faut, de toute façon, reporter l'âge légal du départ à la retraite. Tous les autres pays l'ont fait, indique-t-il. C'est obligatoire tout simplement parce que l'espérance de vie augmente et qu'il y a de plus en plus de retraités.

Trois scénarios

Le financement des retraites représente déjà 12,5 % du PIB (produit intérieur brut) de notre pays, soit 270 milliards d'euros. C'est considérable. Selon lui, le maintien de la retraite à 60 ans coûterait 6,5 points de PIB.

La fête anniversaire du COR, marquée par la tenue d'un colloque à l'Institut océanographique, à Paris, ne lui fait pas oublier son credo. Il y a trois leviers pour financer les retraites, répète-t-il. Ce sont les ressources, le niveau des pensions et l'âge de départ... On ne peut pas échapper à cette équation.

Difficile de contourner ce constat, effectivement. Mais, sur la méthode, les différents participants à la table ronde organisée par le COR divergent.

Par exemple, pour la CFDT, Jean-Louis Malys met en avant l'injustice sociale de la réforme. Il critique un financement qui repose en grande partie sur les salariés les plus vulnérables, femmes, travailleurs peu qualifiés, ceux qui ont eu une carrière hachée...

Dans les trois scénarios qu'il avait livrés au gouvernement, le COR envisageait une version optimiste avec sortie de crise avant 2020, une autre plus difficile et une carrément pessimiste avec des difficultés jusqu'en 2050, et notamment un taux de chômage de 7 % jusqu'en 2025. Le climat économique en Europe ne plaide guère en faveur de l'optimisme.

Ludovic BASSAND