Retraites : pari gagné pour les syndicats

Publié le 08/09/2010
En mobilisant hier plus de deux millions de personnes dans les grandes villes de France, les syndicats ont estimé avoir gagné leur pari contre la réforme des retraites.
Retraites : pari gagné pour les syndicats
Retraites : pari gagné pour les syndicats
En mobilisant hier plus de deux millions de personnes dans les grandes villes de France, les syndicats ont estimé avoir gagné leur pari contre la réforme des retraites.

Vosges Matin, Mercredi le 08 Septembre 2010 / Fait du jour

Eric Woerth, le ministre du Travail : « Cette réforme, c'est celle du courage et de la raison. »

Les responsables syndicaux ont crié victoire après une mobilisation encore plus réussie que celle du 24 juin dernier.

Objectif atteint ! Avant cette nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FSU, Unsa) souhaitaient faire aussi bien que le 24 juin dernier. Ce jour-là, entre 800 000 et deux millions de manifestants étaient descendus dans la rue pour réclamer au gouvernement de modifier son projet en profondeur.

Pour François Cherèque (CFDT), réussir le 7 septembre constituait « la seule chance » d'influer sur le destin d'une réforme dont l'examen débutait hier à l'Assemblée nationale.

Derrière une banderole « retraite solidaire, emploi, salaires, un enjeu de société », les leaders syndicaux, soutenus pour l'occasion par l'opposition, affichaient un visage radieux. « Il n'y a aucun gouvernement qui peut minorer une mobilisation de cette ampleur », a lancé Bernard Thibaut (CGT), hier soir sur TF1, alors que deux à trois millions de personnes ont défilé dans plus de 200 villes de France (dont 270 000 à Paris, selon la CGT).

Fillon : « Des ouvertures en fin de semaine »

Malgré ce succès, les syndicats, qui doivent se réunir aujourd'hui pour envisager une nouvelle mobilisation à brève échéance, savent que la journée d'hier ne suffira pas à faire plier le gouvernement sur l'essentiel. Le Premier ministre François Fillon a ainsi exhorté les députés UMP à « tenir la ligne » sur points majeurs de la réforme (report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite en 2018 et relèvement de 65 à 67 ans de l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein), tout en promettant des « ouvertures en fin de semaine », notamment sur la pénibilité.

« Cette réforme, c'est celle du courage et de la raison. C'est le rendez-vous des Français avec leur avenir », a martelé hier Eric Woerth. Empêtré dans les méandres de l'affaire Bettencourt, le ministre du Travail avait reçu à nouveau dans la matinée le soutien de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat, qui a fait de la réforme des retraites l'un des emblèmes de son quinquennat, devrait s'exprimer sur le sujet aujourd'hui en Conseil des ministres.

L'examen du projet de loi par les députés devrait durer une semaine. L'assemblée se prononcera le 15 septembre par un vote solennel sur l'ensemble d'un texte que le Sénat doit examiner à son tour début octobre.