Retraites : Sarkozy accorde un répit aux syndicats

Publié le 16/02/2010
Nicolas Sarkozy a laissé un peu de temps aux syndicats, inquiets à la perspective d'une réforme des retraites à la hussarde, en déclarant hier à l'issue du sommet social qu'un projet de loi serait déposé « début septembre ».
Retraites : Sarkozy accorde un répit aux syndicats
Retraites : Sarkozy accorde un répit aux syndicats
Nicolas Sarkozy a laissé un peu de temps aux syndicats, inquiets à la perspective d'une réforme des retraites à la hussarde, en déclarant hier à l'issue du sommet social qu'un projet de loi serait déposé « début septembre ».

Le Républicain Lorrain, Mardi le 16 Février 2010 / IG /

 

 

Face aux leaders syndicaux, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il n'y aurait pas de « passage en force » sur la réforme des retraites. Les syndicats, eux, envisagent déjà une mobilisation. Photo AFP

Nicolas Sarkozy n'a rien dévoilé de ses intentions concernant la réforme des retraites hier devant les partenaires sociaux réunis à l'Elysée. Il s'est essentiellement employé à rassurer ses interlocuteurs et les Français quant aux questions de méthode et de calendrier - pas de passage en force durant l'été - ainsi que sur les grandes préoccupations sociales comme la situation des chômeurs en fin de droits, promettant que « personne ne sera laissé sur le bord du chemin » (lire ci-dessous le calendrier). Sur la question des retraites, Nicolas Sarkozy a affirmé à l'issue du sommet que, « compte tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions ».

Le chef de l'Etat n'a jusque-là pas dévoilé ses intentions, mais plusieurs ministres ont laissé entendre que le gouvernement privilégie deux pistes, le recul de l'âge légal de départ en retraite ou/et l'allongement de la durée d'activité. Optimiste, la présidente du Medef Laurence Parisot a jugé qu'« un consensus » était « possible ».

Journée d'action intersyndicale le 23 mars

Fort de l'opposition d'une majorité de Français, la plupart des syndicats se sont déjà déclarés hostiles à ces deux pistes.

Ce calendrier ne leur donne qu'à moitié satisfaction. Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) avaient insisté pour que le débat se déroule « sur l'ensemble de l'année 2010 ». Selon Thibault, « les choses vont tout de même aller relativement rapidement », donc « il ne faut pas perdre de temps » pour mobiliser les salariés. « C'est quand même un calendrier assez restreint », a estimé Chérèque.

En soirée, les représentants des syndicats se sont retrouvés à Paris pour élaborer une position commune. Cinq d'entre eux (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa) ont décidé d'organiser le 23 mars « une mobilisation interprofessionnelle unitaire » avec « des grèves et des manifestations dans tout le pays ». FO n'a pas signé ce texte car selon son représentant René Valladon « il n'évoque pas explicitement les retraites, ce qui est démobilisateur ».

La gauche a mis en garde Sarkozy contre tout passage en force sur le calendrier ou le contenu de la réforme ultra sensible des retraites, « Le PS demande au président de la République et au gouvernement de ne pas se prêter à un simulacre de concertation » et de « respecter les partenaires sociaux dans un processus qui sera forcément long et exigeant », a affirmé le porte-parole, Benoît Hamon. Le PS accuse même le gouvernement d'avoir déjà dessiné les contours de cette réforme. Des voix se lèvent au PS pour demander à la gauche d'agir.

Seul Jean-Luc Mélenchon du Parti de gauche trouve la proposition du facteur de Neuilly « pleine de bon sens », tout en mettant en garde contre une action « entravant le mouvement des syndicats ».

Car la gauche n'a pas de position commune. Si après un malentendu, Martine Aubry a insisté sur le maintien de l'âge légal à 60 ans, des divergences demeurent. Ainsi, les 37,5 annuités de cotisations, défendues par l'extrême gauche, ne sont « pas la position du Parti socialiste », a prévenu Hamon. En 2012, pour une retraite à taux plein, il faudra 41 ans de cotisations.